Alexandre Astier




Auteur et acteur de la triomphale série médiévale Kaamelott, Alexandre Astier commence logiquement à séduire le cinéma français. Il est cette semaine le romain Mordicus dans Astérix aux Jeux Olympiques, puis on le verra incarner le dessinateur Reiser dans le Coluche d’Antoine de Caunes. Mais son grand projet demeure l’adaptation de Kaamelott au cinéma, sous forme de trilogie. Rencontre avec un artiste qui aime l’Histoire…

- Exprimez-vous sur le forum cinéma

Les points communs entre Astérix et Kaamelott
Il y a toujours le fait de regarder notre société à nous à travers le prisme de l’époque. Quand on fait un film d’époque ou une BD d’époque ou un roman d’époque, c’est moins violent que de faire quelque chose de contemporain, parce que ça éloigne les personnages de nous, ça donne du recul aux choses et c’est plus élégant.
Et quand je joue dans du contemporain, j’essaie d’avoir le réflexe de ne pas croire que c’est quelque chose de concret, de réel, de maintenant. Parce que le maintenant, je trouve que ce n’est pas charmant, ce n’est pas épique, ce n’est pas onirique, c’est « reportage », c’est un peu violent.
Quand on joue n’importe quel personnage, y compris contemporain, il faut avoir le réflexe de se dire que ce n'est qu'un personnage et qu’il est derrière, il est à un second degré. L’époque c’est juste que ça aide, parce que le second degré est direct ; quand on fait du contemporain, il faut aller le chercher ailleurs. Mais je ne refuse pas le contemporain, je veux que notre contemporain soit aussi onirique que le film d’époque.

Le tournage a-t-il été instructif ?
Il y a des leçons à prendre là-dedans, dans le fait de réserver aux comédiens une belle place. Même si la machine est grosse, il faut que les comédiens puissent se concentrer sur les petites choses qu’ils ont à faire, ça reste intime un travail de comédien. Et des fois, la grosse locomotive peut bouffer, parce que tout est gros, que les décors sont immenses, que les costumes sont immenses, qu’il y a un kilomètre de figurants.
Effectivement, il ne faut pas oublier que tout cela est au service de la comédie ; et c’est ce que je trouvé réussi dans Astérix aux Jeux Olympiques, c’est ce que Frédéric Forestier et Thomas Langmann ont su préserver. Malgré l’amplitude de la production, ça reste humain, et c’est la première leçon que je vais essayer de retenir, moi, le jour où je vais tourner mon film (le projet de trilogie Kaamelott) : ça a beau être gros ou pas gros, il faut que la place du comédien soit la place principale.

Damien Leblanc.

- Exprimez-vous sur le forum cinéma - Lire les fils adaptation, blockbuster, acteur sur le blog cinéma - Lire le fil kaamelott sur le blog télé