Ça fait un moment que cette expression siffle à mes oreilles, sans susciter chez moi un intérêt démesuré.
La télé du futur, projet de loi voté au Sénat fin 2006 et, hier, à l'Assemblée nationale (ce n'est pas fini, une commission mixte paritaire doit repasser par là avant un vote définitif) fixe le calendrier du passage au tout numérique entre 2008 et 2011, date de mort programmée de l'analogique. En 2011 donc, la TNT devra être accessible à 95% de la population, les 5% restants étant couverts par satellite. Oui, les 18 chaînes gratuites de la TNT, pour tous (et même NRJ12 et Direct 8 !).
Le projet de loi fixe par ailleurs un cadre juridique à la télévision haute définition - il serait temps, parce que j'aimerais bien l'amortir mon bel écran plat ! - et à la télévision mobile. Quelques petits détails ont été glissés dans ce gros bazarre, comme de nouveaux crédits d'impots, le décompte des clips dans le quota d'oeuvres audiovisuelles et cinématographiques des chaînes. Ou encore, l'attribution de chaînes "bonus" aux grandes chaînes privées - TF1, Canal+ et M6 - c'est-à-dire d'un canal supplémentaire sur la TNT dès la fin de l'analogique. Pourquoi, au juste ? Pour les consoler du décès de l'analogique - quelque chose m'échappe. Et échappe sans doute aux députés PS, PC et UDF, qui ont voté contre le projet de loi.
Voilà, la télé du futur, c'est ça : le droit d'accès pour tous à ces nouvelles chaînes, sur lesquelles on cherche encore la nouveauté. Rediffusions en boucle de la fine fleur des séries allemandes des années 1980, ou françaises des années 1990, noyées entre clips et sous-documentaires américains raccoleurs (je vise particulièrement ici W9, NT1 et TMC, les trois qui marchent le mieux).
Remarquez, comme le montre l'excellent documentaire sur les années 1950 diffusé hier soir sur France 2, la télé du passé, c'était pas franchement mieux.