Les grèves à la télé
Côté France 2. Premier gros reportage à Lille et Paris. Colère des usagers : "otage, otage, otage". Un type énervé reste modéré : "j'ai pas l'impression qu'en face on a un gouvenement ouvert à la discussion et ça, c'est emmerdant". Le reportage nous mène ensuite devant St-Lazare où des employés de la SNCF distribue des feuilles d'informations sur les horaires des trains en circulation. "Mais pour la plupart des usagers que nous avons croisés, réaction de déception", dit le commentaire. Une fille : "Il m'apprend absolument rien du tout sur ma gare qui n'est pas notée". À Lille, un comité d'usagers qui proteste avec des autocollants "Clients pris en otage" avec une petite tête de bonhomme qui fait la tête dans le "o". Trop meugnon. En direct de la gare Saint-Lazare, un point sur la situation avec une journaliste, Agnès. C'est la cata : déjà des embouteillages à Paris et à la gare. Attention, en plus, la grève est reconductible, les conditions de trafic de mercredi seront les mêmes jeudi. Agnès donne les numéros d'informations et rappelle que les billets de la SNCF seront remboursés pour tous les trains que l'on ne pourra pas prendre pendant le conflit. Retour plateau et départ à Marseille où la grève a déjà commencé suite à l'agression d'un contrôleur. Saint-Etienne. Les cheminots préparent la grève. Ils expliquent les raisons de la pénibilité de leur travail et un conducteur rappelle que la retraite précoce, c'est une question de sécurité. "N'attendons pas de pleurer des morts pour dire qu'on a fait le mauvais choix". Quelle Cassandre, celui-là ! Enfin, derniers reportages sur une jeune fille qui prend le métro et le RER jusqu'à Sevran et qui raconte la futur galère d'aujourd'hui puis sur une entreprise qui a prévu de s'organiser pour assurer une continuité de la production. La suite tourne autour des actions politiques autour de la grève. Côté TF1. Vous vous en doutiez, c'est pareil mais différent. "La première grande épreuve sociale", nous dit PPDA. Cela commence par la SNCF et les prévisions de trafic. Mais on apprend aussi qu'EDF pourrait provoquer des coupures de service. Et que l'Opéra de Paris et la Comédie Française ont annulé leur représentation. Le reportage s'achève par les classiques numéros de téléphone d'information. Ensuite nous partons dans les locaux de la SNCF avec tous les outils en place pour faire connaître les trains qui circuleront. Et là, alors que chez France 2, c'était un peu la cata, chez TF1, cela devient la panacée, c'est simple, on est mieux informé quand il y a une grève qu'à l'inverse. Miracle de la technologie, tout est mis à jour en temps réel, c'est une machinerie impeccable, huilée aux petits oignons. Les agents aident aussi les gens qui souhaitent savoir quand passent leur train : "c'est très bien j'ai tous les horaires des trains, je suis moins stressée", explique une demoiselle. Panoplie d'outils, plateforme téléphonique, infos sur le web : c'est tout simplement génial. Limite si tu rates ton train, c'est que t'es quand même un gros naze. Certains abonnés auront même le droit à des SMS, mais on ne sait pas qui sont les heureux élus. C'est ensuite le tour des voyageurs mécontents : en banlieue parisienne et à Lille (la même histoire que sur France 2). Mais, rappelle les interviewés : c'est plutôt pour se plaindre de la gestion du conflit et appeller au dialogue qu'une confrontation avec les grévistes. Direct avec une journaliste devant la gare Montparnasse (un peu plus chic que la gare Saint-Lazare). C'est très calme : les gens ont anticipés, explique la reporter. Ils sont partis plus tôt, d'autres ont déjà choisi la voiture ou le vélo. Enchaînement avec les activités sportives des franciliens demain : "pied, trotinettes ou baskets"... Tiens et à Aéroport de Paris, comment ça se passe ? On part en co-voiturage. Côté entreprise, TF1 en a choisi une qui perd 70% de ses employés pour cause de jour de congé. Interview du patron qui craint pour la pérénitté de son entreprise puisque ses clients peuvent résilier leur contrat pour absence de résultat. C'est d'ailleurs marrant, il s'agit d'une entreprise de nettoyage et les images font penser qu'ils sont en train de nettoyer la cantine de TF1. Ils sont pas partis chercher loin, les journalistes de TF1, pense-t-on. La location de voiture et les moto-taxis sont pris d'assault. Dormir près de son lieu de travail, fait partie des solutions envisagées. Et puis, petit passage, comme chez France 2, chez un gréviste. Mais là, cette fois-ci pas de mouvement de masse. On ne part pas dans une gare avec plein de grévistes. Non. Juste un conducteur de bus, seul, qui explique les raisons de la pénibilité de son travail. "Contradiction du personnage", nous dit le reportage puisque l'homme accepte qu'il faut des réformes mais s'accroche à sa retraite à 55 ans. La suite, comme sur le concurrent historique rappelle les actions politiques en cours. Le tout s'achève par un impeccable interview de François Fillon dont je vous épargne mes commentaires peu inspirés. D'un côté, donc, les grévistes s'expliquent, de l'autre, il est seul et passe pour un aigri ; d'un côté, une entreprise s'organise, de l'autre, elle va licencier ; d'un côté, Saint-Etienne, Sevran, Lille, Marseille, de l'autre Paris, Paris, Paris et Lille. Mais, finalement, il s'agit principalement de différences de forme. Peu de discours critiques, pas d'analyse de fond, juste des faits centrés sur monsieur et madame tout-le-monde. Populisme, quand tu nous tiens... Commentaires
De David, posté le 24.11.07 à 18:54
![]() Apprenez à utiliser les termes sans impropriété. Exemple. Qu’est-ce qu’un otage ? Un otage est une personne innocente, retenue prisonnière par un preneur d’otage, et dont la vie sauve et la libération dépendent d'une exigence à remplir par une tierce partie. Les armées en guerre ont souvent, par le passé, recouru à cette pratique en territoire ennemi pour assurer la sécurité de leurs troupes ou réprimer des actes hostiles. Ce fut notamment le cas durant les deux Guerres mondiales. Dira-t-on qu’une personne qui ne peut prendre son train est un otage ? Evidemment non ! De FranckFD, posté le 09.12.07 à 14:22 ![]() Bien sur que si c'est un otage qui pert de l'argent pour cause de grève... Nous sommes otages de ces grèves à répétition sur lesquelles nous n'avons que peu ou pas d'influence. Les cheminots s'ils continuent vont finir par se rendre très impopulaires; Ajouter un commentaire |
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