Du bon usage du boycott(age) Boycott ou Boycottage ? Pour la majorité des gens, la subtile différence n'appelle sensiblement aucun commentaire, mais pour les pontes du CSA, c'est l'occasion de se fendre d'un communiqué de presse passionnant qui rappelle la position et les questions à se poser lorsqu'on est journaliste à la radio ou la télévision et que l'on compte utiliser l'un de ces deux mots. D'autant qu'entre la Chine et le Tibet où le torchon brûle, il convient de se montrer précis lorsque l'on parle de boycotter les Jeux Olympiques et que l'on veut utiliser le nom dérivé.Le problème serait évidemment moins dramatique si "boycott" n'était à l'origine un mot anglais car depuis l'abandon du français comme langue internationale au cours du XIXème sicèle, nos gouvernements luttent corps et âmes contre l'utilisation de mots anglais en terre hexagonale. Bon, alors "boycott" ou "boycottage" ? Le premier est considéré comme un anglicisme dans le Nouveau Petit Robert (2007) ; les deux sont reconnus dans le Dictionnaire de l'Académie Française ; quant au Grand Dictionnaire terminologique du Québec, il n'accepte que boycottage. Du coup, le choix est difficile et chacun s'attache à celui qu'il préfère sans aucune cohérence. De son côté, le blog des correcteurs du monde (Sauce Piquante) reconnaît utiliser le petit garçon du cottage sans s'interdire boycott, note le CSA. Pour ma part, je penche pour un boycott. Un boycottage sonne un peu lourd à l'oreille, même si plus francophone. PS : Pour ceux, comme moi, qui ne connaissaient pas vraiment l'origine du mot boycott, le CSA rappelle son histoire. Riche propriétaire terrien en Irlande de l'Ouest, Charles Cunningham Boycott se montrait particulièrement retors avec les fermiers qu'il employait. Un prix exorbitant leur était réclamé pour travailler - et c'était la famine à l'époque. Un certain Charles Parnell, président de la Ligue agraire, a réussi à convaincre les fermiers et les commerçants de mettre en quarantaine Charles Boycott ce qui ruina l'homme. Il est certain que Charles Cunnigham Boycott n'avait pas idée que son nom deviendrait sujet à tant de discussion un peu plus d'un siècle après sa mort.
Commentaires
De Van, posté le 28.04.08 à 11:28
![]() Merci pour cette minute Culture G ! De Dwigt, posté le 28.04.08 à 13:31 ![]() Charles Parnell, ça n'était pas que le président d'une Ligue Agraire (ce qui était déjà assez important : l'Irlande relevait d'une grave famine), c'est aussi le plus grand homme politique irlandais du XIXème siècle. La preuve : ils ont fait un film sur lui avec Clark Gable en 1937. C'est comme si aujourd'hui on tournait un film avec Brad Pitt, donc c'est dire si Parnell était important. Accessoirement, il y a un autre mot courant en anglais qui vient d'un nom de bouseux, c'est "maverick" (un original, qui sort des sentiers battus). Au Texas, le marquage du bétail avait été rendu obligatoire. Un gros propriétaire, Maury Maverick, a refusé et son bétail était finalement le plus reconnaissable de tous, vu qu'il n'avait pas de marque. Ça me rappelle une réplique de Full Metal Jacket sur le Texas et les bêtes à cornes mais j'ai la flemme de la taper ici. De Rom, posté le 28.04.08 à 19:19 ![]() Dwigt > Yeah, whatever... Ajouter un commentaire |
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