Ci-gît la commission pour l'avenir de la télévision publique, communément appelée commission Copé. Quatre membre (socialistes) de ce groupe de travail rassemblant des parlementaires et des professionnels des médias, qui planche depuis plusieurs semaines sur l'avenir de l'audiovisuel public sans publicité ont annoncé leur intention de claquer la porte à l'issue de la prochaine réunion le 4 juin. Ils pourraient changer d'avis d'ici là mais, globalement, le mal est fait.
En cause, l'annonce de Nicolas 1er mardi sur RTL de n'augmenter en aucun cas la redevance, piste pourtant largement envisagée par la commission qu'il a lui-même installée et chargée de travailler sérieusement sur le sujet.
L'augmentation de la redevance était une des trois pistes de financement envisagées, celle qui faisait quasiment l'unanimité (à part Copé qui trouve la solution injuste). Les autres pistes consistent à taxer les revenus des chaînes privées, des opérateurs téléphonie et internet, ou l'électronique grand public. Toutes solutions bien plus populaires en France mais qui risquent fort d'être écartées par la Commission européenne pour des raisons de règles de la concurrence.
Sarko voudrait flinguer l'audiovisuel public - sans éclaboussure sur sa popularité - qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
D'ailleurs, preuve qu'il garde les yeux rivés sur des problématiques de popularité, le Canard enchaîné révèle aujourd'hui qu'un amendement à la loi de modernisation de l'économie rédigé par la ministre de la Culture visant à autoriser une deuxième coupure pub dans les "oeuvres audiovisuels" sur les chaînes privées - dit "amendement Bouygues" - a été bloqué par Matignon. En pleine suppression de la pub sur les chaînes publiques, autoriser plus de pub aux chaînes privées eut été un tantinet indécent.
Allez, encore un petit mois avant la remise du rapport de la commission agonisante, souhaitons bien du courage à ses membres restants.