Vidéo off de Sarko : France 3 attaque Rue 89 (et se ridiculise)L'ami Romain vous proposait ce matin la fameuse "vidéo off " de Sarkozy sur France 3 et initialement récupérée par Rue 89. Dans un edito-déonto, Haski fustige cette démarche inquisitrice de France 3 qu'il met sur le compte des pressions subies par la chaîne depuis la diffusion de la vidéo. France 3 fait surtout une énorme erreur. Evidemment l'info est reprise par de nombreux médias - ce que nous faisons nous mêmes là - et la vidéo, reprise par des centaines de sites et blogs, a déjà été vue plus d'un million de fois. La chaine se ridiculise en jouant les auxiliaires de police et l'Elysée s'il est à l'origine de cette démarche est tout aussi mal inspiré. La société des journalistes de France 3 est montée au créneau et son directeur de la rédaction se serait déjà désolidarisé de sa direction. Et que nous dit-elle cette vidéo ? Que le visage avenant et lisse du spectacle de l'info télé masque des rapports de force plus tendus et des attitudes moins souriantes. Tout cela normalement c'est gentiment off, mais ça fuite de plus en plus et au vu des efforts promotionnels entrepris par certains "conseils" , la vidéo affichera bientôt tranquillement ses 20 millions de visites. Du coup on vous la repasse nous aussi : Commentaires
De Tom, posté le 02.07.08 à 21:32
![]() Bonjour, quand j'ai vu cette video, 2 idées me sont venus a l'esprit. 1. je ne suis pas pro-sarko, ni même de droite. Mais je trouve la réaction du technicien déplacé et malpolis. Je sais pas, mais c'est un peu comme quand on arrive au boulot et que l'on est obligé de dire bonjour au boss trop relou que l'on déteste, baah on le fait quand même. Après, au dela de la personne et / ou l'homme politique, que l'on peux (parfaitement) ne pas apprécier, il y a la fonction, je sais pas, mais un chef d'état, ca se respect un micro minimum ("- salut !"). Après j'imagine que sa réaction s'inscrit dans un contexte salarial bien particulier (France 3, service public, ... tout ca tout ca) 2. Apres, ca m'a fais rigoler de voir la reaction de ce petit bonhome, arrivé au sommet de sa carrière - j'imagine, je souhaite - se faire manquer de respect, chose qu'il a due chercher a conquérir toute sa vie et qui a due lui faire le plus défaut par une personne "d'en bas". Ca lui est déjà arriver, souvenez vous, le pécheur, le visiteur du salon de l'agriculture, l'esthicienne, et à chaque fois il pique une grossé colère et se ridiculise... (crypto : video) De nathan, posté le 02.07.08 à 22:37 ![]() >Tom : pareil : je ne suis pas non-plus pro-droite et même au-dela de la fonction de Sarkozy, répondre quanq on vous dit bonjours est un minimum de politesse, rien à faire du contexte dans lequel est France3. Quand à sarkozy, il est en train de devenir la star de Youtube (elle avait fait combien sa video au G8 après le jus d'orange avec Poutine). A ce rythme, "Bienvenue chez les chti" peut se faire du souci De Kero, posté le 03.07.08 à 10:25 ![]() Parfois, il est possible que l'éducation ne soit pas la cause d'un manque de politesse. Le mépris, la colère où la simple antipathie peuvent très bien court-circuiter la bienséance et provoquer une aussi vile réaction que refuser de répondre à un "Bonjour.". Sarko n'est pas le boss, il représente le peuple, il est son élu. Il est à notre service...En théorie...Qu'il s'indigne qu'on ne lui rende pas son salut est normal. Qu'on refuse de lui rendre est compréhensible. De Cedric, posté le 03.07.08 à 20:53 ![]() Hello Easywriter, Je suis assez d'accord avec toi mais on peut tout de même s'interroger sur la légitimité de ces "fuites". Je trouve quand même que les techniciens ou les journalistes qui ont balancé cette séquence sur le Web manquent singulièrement de déontologie. En effet, la séquence n'est pas publique, elle correspond à un échange qui précède une intervention publique. C'est donc manquer de respect à l'invité (que ce soit Sarko ou un autre ...) que de le piéger ainsi. C'est de la manipulation, et cela relève pour moi d'un manquement à la déontologie. Cette histoire rappelle en fait toutes les histoires récentes dans lesquelles des personnalités se font piéger par la diffusion de propos ou d'événements relevant de la sphère privée. Le côté "totale transparence" de ce genre de pratiques est un peu effrayant. C'est la même chose que lorsque Ségolène Royale avait été piégée par un téléphone mobile qui l'avait filmé dans une réunion où elle donnait son point de vue sur l'Education Nationale. Bien sûr, on peut dire que tout est public, que tout a vocation à l'être en matière de politique, surtout quand il s'agit d'une réunion ou de la préparation d'une émission de télé. Mais, dans ce cas, où fixe-t-on la limite ? Bref, je trouve le procédé malhonnête. Il est tout de même plus intéressant et plus respectacle de s'opposer à la politique de Sarko sur la base de son comportement public, sur la base de sa politique et de ses déclarations. Il y a suffisamment de choses à critiquer en ce qui concerne la réforme de l'audiovisuel public, par exemple, sans qu'il soit besoin de recourir à de telles méthodes. Je ne vois donc pas en quoi France3 se ridiculise, je trouve tout à fait normal que la chaîne cherche à lutter contre ce genre de dérives. Sur l'histoire du bonjour ou du pas bonjour, je suis 100% d'accord avec Tom, sur les 2 points qu'il met en avant ! Je pense d'ailleurs que la plupart d'entre nous se seraient montrés tout autant agacés que lui face à l'impolitesse du mec. D'ailleurs, que ne dirait-on pas si, sur la vidéo, on voyait un Sarkozy ne pas saluer les techniciens qui viennent s'occuper de lui ... De Augustus, posté le 03.07.08 à 21:14 ![]() Moi ce qui me fait halluciner, c'est cette ribambelle de commentaires se concentrant sur la politesse d'un tel ou d'un autre, une véritable "affaire" il est vrai. Par contre, personne ne déglutit quand à 5mn40 de la vidéo, Nicolas Sarkozy devient rédacteur en chef du JT et "suggère" une petite question d'actualité sur Carcassonne. Personne ne s'étouffe non plus sur le "Vous pensez ?" qui suit celle-ci. Ok, on sait que les mamours entre médias et politique, c'est vieux comme le gaullisme néolithique, reste qu'à l'heure du 2.0 où justement plus rien n'est off, c'est quelque peu surréaliste. Qu'on parle de déontologie, je veux bien, mais qu'est-ce qui transgresse le plus la déontologie ici ? Heureusement, des médias comme Rue89 existent (oui parce que les commentateurs de Rue89, curieusement, ils ont davantage tilté sur le dossier Carcassonne que sur le cours d'éducation présidentiel). De EW, posté le 04.07.08 à 10:30 ![]() Je me fous aussi un peu de cette histoire de politesse. C'est plutôt justement le côté pression politique pépère ( ce serait bien que tu me pose telle question) et les menaces à peine voilées qui sont intéressantes comme le relève précisément Augustus) C'était d'ailleurs ce qui a intéressé les gens de rue 89 Bien sur que ce qui est public et visible d'une personnalité politique peut susciter des critiques, c'est même nécessaire mais pas suffisant : des vidéos d'envers du décor comme celles-là griffent un peu la toile lisse de l'infotainment. Il faut être sacrément naïf pour croire que tout ce qui existe se donne à voir tel quel. Il y a un dispositif, une mise en scène qui mérite qu'on y porte un regard critique et qu'on puisse savoir ce qui se trame dans ses coulisses. Il y a un discours sur la télé et son indépendance et il y a la pratique réelle d'un président sur un plateau avant l'antenne Concernant les fuites on prend ses responsabilités quand on les accepte (les fuites) : la plupart des médias ne sortiraient pas n'importe quelle vidéo concernant la vie privée d'un individu si ce qu'on y apprend ne contredit pas fortement son attitude publique ( je crois comme guy birenbaum comme un homophobe notoire qui irait dans les backrooms doit être "outé") , ou si la vidéo est juste une tentative d'assassinat politique. Ségolène qui parle des profs c'est intéressant, parce que le PS a pas mal de problème à gérer son électorat salarié à l'éducation nationale et à oser des réflexions de fond sur ces questions. Ce sont des documents qui éclairent d'une manière moins spectaculaire et contrôlée la réalité politique De Ronan, posté le 04.07.08 à 11:03 ![]() Et si le technicien était sourd ? ou timide ? ou bien il a répondu, et Sarkosy ne l'a pas entendu. Ou bien il pensait à autre chose (son plus jeune qui a une bronchiolite), ou il sent la pression sur le plateau... Nous prenons pour argent comptant l'interprétation que fait Sarkosy, sans formuler d'autres hypothèses. Pour ma part, le "c'est une question d'éducation" sent bon le mépris... évidement, dans ce dialogue de sourds, l'un a reçu la bonne éducation, pas l'autre. De Cédric, posté le 04.07.08 à 16:21 ![]() Je suis d'accord avec vous, Augustus et EW, mais il me semble qu'on peut justement avoir les 2 points de vue sans que cela soient contradictoires. Autrement dit : s'intéresser à l'envers du décor tout en déplorant les méthodes qui permettent de le voir ... C'est assez marrant, par exemple, de voir Sarko soutenir un de ses intervieweurs (celui à qui il dit un truc du genre : "vous êtes resté longtemps au placard ... Je fais partie de ceux qui vous ont soutenu). Ce que je voulais dire, c'est qu'il est difficile de fixer les limites, quand on va dans le sens d'une totale transparence. Au bout du chemin, on aboutit à une société médiatique totalitaire qui n'accepte plus les contradictions des personnalités, les hésitations, les revirements, les faiblesses. Et ça, pour moi, c'est effrayant. Je souscris à la vision de Birenbaum, comme toi EW, mais il faut bien intégrer l'idée que cette vision est dangereuse. Il me semble qu'il faut accepter une part d'ombre en démocratie, une part totalement privée, inaccessible au jugement public. J'ai du mal, par ailleurs, à suivre Ronan dans son jugement. Je veux bien admettre que le technicien refuse de rendre à Sarko son salut à cause de sa mauvaise humeur (après tout, ok, en effet, il a le droit de manifester son désaccord en ne saluant pas le Président) mais qu'on ne fasse pas croire que le mec est trop concentré, ou sourd, ou je ne sais quoi .... C'est ridicule. Et puis je ne crois pas que cela soit aussi anecdotique que semble le penser Augustus : la première règle de la confrontation politique, dans l'espace démocratique, c'est le respect de l'autre, sa reconnaissance, l'acceptation que son discours vaut d'être entendu. Autrement dit, l'échange dialectique commence par un échange de salut, comme une reconnaissance de l'autre.
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