The Making Of Me : la BBC répond aux questions stupidesDans les années quatre-vingt dix, Chris Rock interprétait au Saturday Night Live un afro-américain militant sous le nom de Nate X qui avait pour habitude de faire des Top 5 comme "les cinq meilleurs raisons qui font que les noirs ne jouent pas au Hockey", la numéro un était : "Ne se sentent pas le besoin de dominer encore un autre sport".
En écho à ce sketch, le second épisode de la nouvelle émission (pseudo) scientifique de la BBC intitulée The Making of Me tente de comprendre pourquoi Colin Jackson est un athlète de haut-niveau. Chaque numéro de la série se focalise ainsi sur une personnalité et perce le mystère qui fait d'elle ce qu'elle est. Pour ceux, comme moi, qui ne connaissent pas grand chose au sport, Colin Jackson est un athlète britannique multimédaillé d'or et d'argent principalement au 110 mètres haies. Et sa principale caractéristique - en dehors d'être balèze en athlétisme - c'est qu'il a des origines jamaïcaines ce qui explique la forte concentration de mélanine de sa peau. Implicitement, la question est en réalité "pourquoi les noirs sont-ils forts en sport ?".
Composée de plusieurs étapes, The Making Of Me démarre avec John Barrowman qui essaie de deviner sur dix candidats qui est gay et qui est hétéro. Puis, une batterie de tests va chercher à déterminer si le cerveau et le pénis de John sont bien homos : on lui met des électrodes un peu partout et on lui montre du porno des deux bords. Au bout de quinze minutes, le mystère est levé : John est vraiment gay. Youpi. Arrive alors la phase dite "de recherche". L'homosexualité est-elle innée ou acquise ? John retrouve sa famille et nous montre sa chambre avec ses boîtes de Barbies encore cartonnées. C'est là que le mystère s'épaissit (façon de parler) : son frère qui a eu la même vie n'est pas homo. Il faut donc chercher plus loin. Le voilà parti à San Francisco pour une analyse d'ADN. on prend le sien, celui de son frère celui de sa mère et on regarde le chromosome X des trois. S'ils sont différents, cela pourrait vouloir dire que selon le chromosome reçu, on est gay ou on est straight. Bref, ce serait une (pseudo) preuve de la présence d'un gêne homo (ce en quoi je me permets de faire remarquer que ce ne serait pas vraiment génial parce que ça voudrait dire qu'on pourrait imaginer une thérapie génique de correction de la sexualité). Comme c'est le même pour les deux frères, la piste est mauvaise (j'entends un "ohhhh" de déception dans la salle). Piste suivante : dans le ventre de la maman, on est soumis à une quantité plus ou moins importante de testostérones. Si on en reçoit beaucoup, on serait hétérosexuel si on en reçoit peu, on serait homosexuel. Pour le savoir, il faut comparer son index et son annulaire : les garçons ont l'annulaire sensiblement plus long que l'index, la différence est quasi imperceptible chez la femme (personnellement, j'ai ma main gauche qui est une vraie tafiole, alors que ma main droite est un vrai mec).
Or, John a l'annulaire plus long que l'index (ce n'est pas lui sur la photo ci-dessus), ce n'est donc pas pour ça qu'il est pédé. Mon Dieu, mon Dieu. Dernière piste : le nombre de frères. Les homosexuels ont tendance à avoir plus de grands frères que les hétéros (je vous sens passionnés et vous avez raison). Et il se trouve (tadam !) que John a un grand frère et sa maman a fait une fausse couche d'un garçon. Bingo : John est gay parce qu'il a eu deux grands frères, l'homosexualité est donc innée et pas acquise (la fulgurance du raisonnement me sidère encore). John peut rentrer chez lui le cœur serein. On a donc vraiment hâte de voir le prochain épisode avec Colin Jackson et de savoir si c'est parce qu'il est noir qu'il est fortiche en sport et encore plus le troisième épisode : pourquoi Vanessa-Mae est-elle une violoniste si douée ? Personnellement, j'ai ma réponse : c'est parce qu'elle est asiatique et, c'est bien connu, les asiatiques sont travailleurs, agiles et commencent de bosser à l'âge de cinq ans. Ça, c'est du solide. Et sinon, je vais vous dire pourquoi John est un inverti : à cause de ses sourcils diaboliques.
Un extrait de l'émission par ici. Commentaires
De Yilargnin Justine, posté le 30.07.08 à 17:14
![]() Si l'homosexualité était innée, cela se serait su depuis bien longtemps. La thèse des hormones masculine ou féminine comme preuve scientifique, toujours d'actualité, est ridicule : toutes les femmes poilues ne sont pas lesbiennes, si on veut rester terre à terre. Et tous les hommes extrêmement poilus ne sont pas tous hétérosexuels. Pour ce qui est de la thèse de l'homosexualité acquise, elle mériterait d'être nuancée. Elle ne l'est certainement pas de manière uniforme dans toutes les sociétés. Ajouter un commentaire |
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