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Le CSA, Conseil supérieur de l'audiovisuel, dit le "gendarme du PAF".
Ouvriers, retraités, minorités, handicapés : pas vus à la télé
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En "scannant " les programmes des 16 premières chaînes de la TNT pendant une semaine, l'institut IFOP a constaté la sous-représentation, parfois même la quasi absence de différentes catégories de la population française. - Les ouvriers : ils représentent 12% de la population, mais seulement 2% des personnes vues à la télé - et 1% dans les fictions. Les "minorités visibles" elles, que le CSA comptabilise en terme de différence "percue", sont carrément invisibles. On se retrouve avec 87% de personnes "percues comme blanches" sur nos écrans. Et chacun ici aura aisément pu le remarquer (Dialogue entre deux personnes a priori dénuées de préjugés hier soir pendant la coupure pub du match de foot sur TF1 : "- Tiens, c'est rare de voir un black dans une pub de ce style (Mennen, pour nous les hommes) - Oui mais ce n'est pas n'importe quel black, c'est Ladji Doucouré...") . Les handicapés eux, n'existent pas, avec 0,2% d'exposition cathodique. Les cadres et professions supérieures (une sous-partie des CSP+), qui ne représentent que 5% de la population, trustent à 43% les images télévisées, et notamment 83% des informations, 34% des fictions (mais 76% des héros de ces fictions), et même 67% du sport. En résumé donc, la télévision montre, tous genres confondus, principalement un homme blanc et riche. What else ? L'étude est consultable en ligne. Les chaînes pour bébés sont le mal
Le verdict est assez clair selon les experts et contredit l'argumentaire de ces chaînes : le concept de programme adapté à l'enfant de moins de 3 ans n'a pas de sens. Ceux qui pensaient se dédouaner de l'effort d'apprentissage en posant leur bébé devant la télévision appliquant à la lettre la grande stratégie : "est-ce que quelqu'un d'autre peut pas le faire ?" en seront pour leur frais. Pire : non seulement ça n'a pas de sens, mais en plus, il existe un risque lié à la consommation d'images télévisuelles sur la naissance et "le développement des processus de pensée et de l'imagination, sur l'intégration des émotions et sur le développement psychomoteur". En substance, l'enfant devient une copie-carbone de ce qu'il reçoit à l'image et sous-exploite les autres sens perdant la capacité de développer ses capacités physiques, cognitives et affectives. Rien que ça. Pour bien enfoncer le clou, le compte-rendu insiste : même en présence d'un parent, la télévision n'est pas adaptée à l'enfant. C'est tout l'argumentaire des chaînes "premier âge" qui est mis à mal surtout que la direction générale de la santé insiste pour non seulement déconseiller les chaînes spécifiques pour les moins de trois ans, mais pour réclamer que ces chaînes de télévision ne puissent comme elles le font aujourd'hui, justifier leur existence par un argumentaire pseudo-scientifique appuyé par des pédopsychiatres et autres psychologues pour enfants. Voilà, maintenant, chers parents, vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous ne voulez pas que votre bébé finisse tel un ectoplasme à deux yeux posé sur votre canapé pour les trente ans à venir. Le CSA tape du poing sur la table (six jours trop tard)
En effet, la chaîne musicale avait interrompu le 25 septembre et le 12 octobre 2008 son émission Hit Machine par une bande annonce. Or, notez-le bien, c'est en contradiction totale avec les dispositions de l'un des articles de la loi du 30 septembre 1986 car une émission - quelle qu'elle soit - doit être considérée comme une œuvre audiovisuelle. Oui, même le Hit Machine. Il faudrait en toute théorie lancer le générique de fin puis passer la bande-annonce et rouvrir avec un nouveau générique pour que débute le Hit Machine 2. Bref, donc, en assemblée plénière le 2 décembre dernier, le CSA décide qu'il est plus que temps d'agir, et paf, la mise en garde tombe. Prends garde Fun TV ! Ahah ! L'autorité veille ! La publication est décidée et celle-ci intervient le 6 janvier 2009, soit plus de quatre mois après les faits et surtout une semaine après le décès officiel de la chaîne. En effet, le 31 décembre dernier, suite à une décision du groupe M6 de se concentrer sur les autres chaînes musicales du groupe, Fun TV a cessé d'émettre. Mais le recommandé est parti, hein, ça ne va pas en rester là ! Pour la diversité à la télé, faudra repasser
Il en ressort que, sur les 15 chaînes de la TNT et sur Canal+, la part des personnes considérées comme non blanches ne représente que 14%, toutes émissions, fictions et publicités confondues. On tombe même à 8% dans le beau monde de la pub. Cela faisait presque 10 ans que le CSA n'avait pas mené une telle étude, et il est affligeant de constater que les chiffres n'ont, depuis, quasiment pas évolué. Eric Macé, professeur de sociologie chargé de l'étude, souligne tout de même quelques avancées, comme la présentation du 19/20 par Audrey Pulvar, le feuilleton de France 3 Plus belle la vie, ou les castings plus ouverts des émissions de télé réalité. On en est là. Nommé en janvier 2007 président d'un groupe de travail sur la diversité au CSA, Rachid Arhab doit "veiller à la représentation de la diversité dans les médias audiovisuels", selon une loi relative à l'égalité des chances. Avec un mandat aussi clair, les médias français risquent de rester pâlichons encore quelques temps. (source Le Monde) Les chaînes de télé passent à la TNT HDPosté par Rom le 04.11.08 à 16:36 | tags : arte, canal+, csa, france 2, france télévisions, m6, télé et politique, tf1, tnt
Il y avait là Bertrand Méheut de Canal+, Nonce Paolini de TF1, Nicolas de Tavernost de M6, Patrick de Carolis de France Télévisions, Jean Rozat d'Arte France et le président du CSA, Michel Boyon. Bien sûr, ce fut le moment idéal de rappeler à quel point la télévision en France était en avance sur toute la concurrence européenne (on peut légitiment en douter : peut-être les installations des chaînes sont en avance - et encore - en tout cas, selon GfK, peu de gens ont un téléviseur équipé d'un tuner haute-définition) et d'acclamer la qualité des programmes qui est à tomber à la renverse, surtout depuis que Laurence Ferrari remplaçait Patrick Poivre D'Arvor dont la qualité de peau n'était malheureusement pas "HD Compatible" (on voyait trop les implants) (mais non, ce n'est pas vrai) (enfin, c'est peut-être vrai, ils ne l'ont pas dit). Ensuite, tous ont appuyé sur un bouton, et - chazam - la TNT HD était lancée (c'était à peu près aussi magique que ça). Concrètement, pour le quidam moyen, cela ne change rien : si son téléviseur est équipé comme il faut, il reçoit dorénavant les programmes des chaînes en haute-définition (ce qu'on peut remarquer sur le logo à l'écran des chaînes, puisque la majorité des programmes continue d'être de basse extraction) ; s'il ne l'est pas, on ne voit rien de différent - un peu comme avec la couleur en 1967. Sachez toutefois que d'ici 2011, la diffusion des images analogiques par voie hertzienne connaîtra une cessation d'activité ce qui entraînera au rebut une quantité non négligeable d'écrans cathodiques pour cause de non-compatibilité. Les entreprises de recyclage se frottent les mains, il va y avoir du travail. Au moins pour elles. Du bon usage du boycott(age) Boycott ou Boycottage ? Pour la majorité des gens, la subtile différence n'appelle sensiblement aucun commentaire, mais pour les pontes du CSA, c'est l'occasion de se fendre d'un communiqué de presse passionnant qui rappelle la position et les questions à se poser lorsqu'on est journaliste à la radio ou la télévision et que l'on compte utiliser l'un de ces deux mots. D'autant qu'entre la Chine et le Tibet où le torchon brûle, il convient de se montrer précis lorsque l'on parle de boycotter les Jeux Olympiques et que l'on veut utiliser le nom dérivé.Le problème serait évidemment moins dramatique si "boycott" n'était à l'origine un mot anglais car depuis l'abandon du français comme langue internationale au cours du XIXème sicèle, nos gouvernements luttent corps et âmes contre l'utilisation de mots anglais en terre hexagonale. Bon, alors "boycott" ou "boycottage" ? Le premier est considéré comme un anglicisme dans le Nouveau Petit Robert (2007) ; les deux sont reconnus dans le Dictionnaire de l'Académie Française ; quant au Grand Dictionnaire terminologique du Québec, il n'accepte que boycottage. Du coup, le choix est difficile et chacun s'attache à celui qu'il préfère sans aucune cohérence. De son côté, le blog des correcteurs du monde (Sauce Piquante) reconnaît utiliser le petit garçon du cottage sans s'interdire boycott, note le CSA. Pour ma part, je penche pour un boycott. Un boycottage sonne un peu lourd à l'oreille, même si plus francophone. PS : Pour ceux, comme moi, qui ne connaissaient pas vraiment l'origine du mot boycott, le CSA rappelle son histoire. Riche propriétaire terrien en Irlande de l'Ouest, Charles Cunningham Boycott se montrait particulièrement retors avec les fermiers qu'il employait. Un prix exorbitant leur était réclamé pour travailler - et c'était la famine à l'époque. Un certain Charles Parnell, président de la Ligue agraire, a réussi à convaincre les fermiers et les commerçants de mettre en quarantaine Charles Boycott ce qui ruina l'homme. Il est certain que Charles Cunnigham Boycott n'avait pas idée que son nom deviendrait sujet à tant de discussion un peu plus d'un siècle après sa mort.
Sarko dans les médias : quand on aime on ne compte pas
Hors période électorale, le temps de parole dans les médias est censée se répartir à égalité entre gouvernement, majorité et opposition. Mais une décision du Conseil d'Etat datant de 2005 estime que "le président de la République ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique", et ne rentre par conséquent dans aucune catégorie. Le CSA s'engouffre donc dans la brèche et, s'il minute tout de même le temps de parole de Nicolas Sarkozy (sans parler de ses "conseillers spéciaux"), il ne l'impute à personne. Dans un monde parfait, la (non)décision du CSA serait parfaitement logique. Que le président de la République, président de tous les Français, ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique, ça semble normal, pertinent, souhaitable. Mais dans les faits ? Eh bien dans les faits, il n'y a plus qu'à changer les institutions. C'est bien l'idée de Laurent Fabius, qui entend déposer un amendement afin de faire modifier la Constitution en ce sens. C'est aussi ça, la rupture. Il vaut mieux entendre ça... Un cas pratique pour mettre à l'épreuve la validité de cette maxime. L'association de sourds Unisda s'est plainte auprès de TF1 qui ne sous-titre en télétexte aucune de ces émissions politiques, pas plus que M6 ou Canal+. Le président de l'association fait valoir un argument frappant : "Nous ne voulons plus voir de sourds voter Le Pen au seul prétexte qu'il articule bien à la télévision". En effet, c'est balot. Le CSA a pourtant demandé aux chaînes, de longue date, de traduire l'ensemble de leurs programmes en langue des signes. Chose que France Télévisions fait depuis 1991, pour un coût il faut dire assez élevé : 40 euros la minute, très exactement. TF1 invoquait jusque là le manque de moyen et la complexité technique. La chaîne serait pourtant sur le point de faire cet effort, pour ses JT et la future émission Face à la Une. Qu'est-ce qui a bien pu la faire changer d'avis ? Peut-être les six millions de personnes concernées (10% de la population !). Et le nouveau gendarme du PAF est...
Pour la première fois de son histoire, le CSA est exclusivement composé de personnalités nommées par la droite. Mais continuera d'exercer, bien sûr, son rôle de régulation de l'audiovisuel en toute indépendance... |
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