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L'actualité de France 2. Les grands changements, les grandes constantes de la chaîne publique sur le blog télé.
Foire d'empoigne autour de Nicolas Demorand
Dans Le Parisien d'aujourd'hui, Nicolas Demorand se défend d'avoir poussé le bouchon du salaire trop loin. Il déclare n'avoir jamais négocié son prix puisque sa carrière est liée au service public de Radio France depuis dix ans et qu'un avocat s'est chargé en son nom de ces questions. Dans son entourage, on parle de 3000 euros par émission. Nicolas Demorand avait déjà été critiqué par la rumeur pour avoir accepté ce poste suite à la demande indirecte du président de la République. Il avait déjà démenti, même si Le Canard Enchaîné rappelait que le futur producteur de cette émission, Serge Moati, avait été nommé par Nicolas Sarkozy. Que l'information soit erronnée ou confirmée, la chose sûre, c'est que l'arrivée de Nicolas Demorand sur le service public risque d'être compromise. Il est difficile d'imaginer travailler pour une chaîne qui vous tire une balle dans le pied avant même que vous poussiez sa porte. Pas grave : il reste Julien Courbert à France 2 qui, lui, ne semble pas mécontent de ce qu'il a obtenu. Attention ! Ceci est du Laurent Ruquier (et méfiez-vous des imitations)Bientôt Laurent Ruquier va quitter France 2, et j'ai envie de dire que ça va être difficile d'avoir du regret. Ainsi, samedi dernier, au cours de l'émission On n'est pas couché, nous avons pu voir un très bon sketch dans lequel Nicolas Sarkozy remplaçait PPDA. Outre le texte à la limite de l'overdose comique, on a apprécié l'incrustation remarquable de la tête du président Français en lieu et place de celle de PPDA et surtout l'imitation tout ce qu'il y a de plus fidèle. Y'avait vraiment de quoi être berné. D'où la géniale mention - au cas où le public soit bluffé par la qualité exceptionnelle de ce brocardage (j'aime bien utiliser le vocabulaire de la quatrième république) en règle - en toute lettre "CECI EST UNE PARODIE". Manquait plus qu'un bandeau soit diffusé en-dessous pour nous dire de ne pas nous goinfrer de bonbeks. Pour une émission qui passe en deuxième partie de soirée, c'est une nouvelle fois la preuve éclatante que les directeurs d'antenne et autres CSA prennent le public pour une bande d'abrutis. Mais pour combien de temps, bon sang ! Qui fait bouger la France ? Les flics de Grande-Bretagne
Le dix octobre dernier, nous revenions sur la première des 100 qui font bouger la France, l'émission événement de France 2 présentée par Béatrice Schönberg injustement évincée du journal télévisé parce que son mari s'appelle Jean-Louis Borloo. Le programme tente de présenter des gens comme vous et moi (enfin, surtout comme vous) qui par leur travail et leur pugnacité tentent de faire de la France un pays encore meilleur (si c'était Dieu possible). Le premier numéro était consacré à l'enseignement, depuis il y a eu les personnes âgées, la cuisine, le coaching, etc. À chaque fois, ils étaient cent invités mais juste une dizaine voire une vingtaine à s'exprimer. Somme toute, c'était excessif, alors l'émission s'est rapidement renommée : Ils font bouger la France. Moins de soucis et moins de mécontents.
Julien Courbet passe sur le service publicAu beau milieu d'une grande réflexion sur le service public, son financement, son rôle, ses missions, un symbole absolu de la télévision privée passe sur une chaîne publique. Julien Courbet quitte TF1 pour France 2.
Il débarque dans la case d'access prime-time, à 19h, en lieu et place de Laurent Ruquier. France 2 a de quoi se réjouir : Sans aucun doute, l'émission phare de "défense du consommateur" de TF1, réalisait en moyenne 30% de parts d'audience. L'autre bonne nouvelle pour la chaîne publique, qui a dû peser lourd dans la balance, c'est que l'émission de Courbet reviendrait 30% moins cher que celle de Ruquier (source 20 minutes). A ce stade, nous comprenons comment nous en sommes arrivés là : Nicolas Sarkozy a annoncé la fin de la pub sur le service public, chaînes et annonceurs ont paniqué, il y aura moins d'argent et nous récupérons donc au rabais des Julien Courbet. La fin de la pub sur le service public commence de plus en plus à ressembler à la fin du service public... Décès confirmé de Pascal Sevran
Jean-Pierre Elkabbach nous l'avait annoncé il y a trois semaines, un peu trop en avance, mais la Cassandre d'Europe 1 a eu raison des dernières forces de l'animateur de France 2 : Pascal Sevran est vraiment mort. Le Lazare de l'audiovisuel, comme on l'appelait depuis la pré-annonce de son décès, a été rongé par un cancer du poumon et s'est éteint ce matin, déclare le communiqué de presse de France 2. Tintin est en deuil. L'autre 8 mai 1945 - documentaire sur France 2Fin avril, l'ambassadeur de France en Algérie a déclaré que le "temps de la dénégation" des massacres perpétrés par la colonisation "est terminé". Et a mentionné plus particulièrement les "épouvantables massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, et de la "très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière". Si vous ne savez pas de quoi il parle, regardez jeudi sur France 2 L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie. Alors qu'en France le 8 mai est un jour de fête, célébration de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie (et accessoirement un jour ferié ce qui ne gâche rien), de l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie, le 8 mai 1945 a de tout autres échos. Dans la joie quasi chaotique de la victoire, des Algériens - qui y ont largement participé - veulent croire en la reconnaissance de la France et revendiquent leur indépendance. S'en suit une violente répression de la part des autorités françaises, qui fera des milliers de victimes. Historiquement, ce 8 mai 1945 marque un point de non retour qui débouchera 9 ans plus tard sur la guerre d'Algérie. C'est ce que montre L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie, documentaire de Yasmina Adi diffusé ce jeudi 8 mai dans la collection Infrarouge sur France 2. Le 23 février 2005, une loi française demande que les pogrammes scolaires enseignent "le rôle positif de la précense française en Afrique du Nord". Entraînant de vifs débats, et pour Yasmina Adi, l'envie d'apporter un éclairage sur cette proposition hallucinante à travers cet épisode noir de l'histoire franco-algérienne absent des manuels scolaires. Pour ce faire, elle a mêlé images d'archives françaises (déclassées justement en 2005), anglaises et américaines, de nombreux témoignages d'historiens et de protagonistes français et algériens, et le récit d'un reporter de guerre américain, le premier arrivé sur place, dont voici un extrait : Un document d'utilité publique pour restaurer la mémoire de cet autre 8 mai 1945, et comprendre un peu mieux les débats qui secouent régulièrement les historiens et hantent la société. L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie, documentaire de Yasmina Adi (52') inédit, diffusé le 8 mai 2008 en troisième partie de soirée sur France 2. (Le site du film) France 2 passe au 16/9èmeHier, votre télé c'était ça : ![]() Aujourd'hui grâce à France 2, elle ressemble plutôt à ça : ![]()
Une nouvelle qui va réveiller des sourires
Source : La Bande à Ruquier (comme quoi je lis vraiment n'importe quoi pour écrire ces articles). Les Victoires de la musique sans JohnnyHonte ! scandale !
Faute d'être sélectionné dans une catégorie, les organisateurs, pour se rattraper et ne pas se mettre la bête à dos, ont proposé de lui remettre une victoire spéciale pour l'ensemble de sa carrière. "Je ne suis pas là pour leur servir la soupe !" a-t-il répliqué furieux. On ne le verra pas au Zenith de Paris pour les Victoires de la musique 2008 samedi 8 mars. Na ! Mais finalement s'agirait-il de laisser s'exprimer des artistes nés après la guerre ? (Et là je me prépare à un flot d'insultes des fans déchaînés). Que Johnny, poulain de Warner, soit écarté, permet par exemple de laisser place à la jeune Emily Loiseau, issue du label indépendant Fargo. Les Victoires de la musique 2008, samedi 20h50 sur France 2. (source Le point) De Cloclo à Ravel : toutes les musiques sont sur le service publicCe soir, la musique est à l'honneur sur le service public. À 20h50, France 3 diffuse un documentaire exclusif consacré à Claude François. Mireille Dumas, la psy qui s'intéresse aux vies publiques et aux vies privées, analyse le parcours du chanteur populaire. Car, figurez-vous que cela fait trente ans que le peroxydé du Moulin de Danemmois a interprété son plus grand rôle, celui d'un électricien bas de plafond qui entreprend de changer une ampoule alors qu'il est dans sa baignoire. Après les anniversaires de sa naissance, de son départ d'Egypte, de son premier concert, de son dernier divorce, on n'en finit pas de fêter Cloclo, de quoi nous faire regretter de ne pas avoir choisi un système hexadécimal plutôt que décimal. Au moins, nous attendrions seize ans avant de voir Ticky Holgado lui repasser ses costumes tout en se faisant engueuler par le pape de la variétoche française.
Drucker en téléfilm, Sébastien en De Gaulle : les bons projets de la semaine
- Michel Drucker : vous faites peut-être partie des 400 000 personnes qui ont acheté son bouquin Mais, qu'est-ce qu'on va faire de toi. Au vu de cet énorme succès de librairie, un projet d'adaptation télé est déjà en cours. Et c'est la boite d'Olivier Dahan, réalisateur de La Môme et star hollywoodienne du moment, qui en est l'initiatrice. Le scénario est en cours d'écriture et aboutira à deux 90 minutes. - Patrick Sébastien : le créateur du Plus grand cabaret du monde a en projet un docu-fiction sur De Gaulle figurez-vous. Mais ce n'est pas tout, il pense également l'interpréter. Il souligne qu'il maîtrise bien la voix du général et que, avec le maquillage, la coiffure et des talonettes, on y verra que du feu. Ce n'est pas la première fois qu'un personnage à la tonalité plutôt comique incarne le grand Charles : Bernard Farcy tenait ce rôle pour France 2 déjà il y a quelques temps dans un téléfilm en deux parties. Pardon pour le reste de sa carrière, mais il faut bien avouer qu'il reste sans doute aux yeux du grand public le commissaire Gilbert des 4 Taxi. Des projets à suivre. Ou pas. (source Tele-Loisirs.fr) La télé publique américaine sur la sellette (elle aussi)
Chaque année depuis huit ans, l'administration Bush tente de sucrer le budget pour la diffusion publique (radio et télévision). Irrémédiablement, des voix d'auditeurs et de téléspectateurs s'élèvent pour forcer le Congrès à restaurer le budget. Mais la part des téléspectateurs de PBS, la chaîne télé, se réduit encore plus rapidement que celle des chaînes commerciales, explique le New York Times, et trouver des gens concernés et mobilisés par l'avenir de la Public Broadcasting Service devient difficile. En contrepartie, l'audience de la radio publique (NPR) a explosé : 30 millions d'auditeurs aujourd'hui, alors qu'ils n'étaient que 2 millions en 1980. Alors PBS a reluqué du côté des annonceurs, augmentant leur temps d'antenne pour les faire payer un peu plus, et ainsi augmenter artificellement son budget... budget qu'elle s'est empressée d'investir pour faire produire de pâles imitations de shows populaires des autres chaînes. Le cas français
Trouver le milliard d'euros pour compenser les recettes pub et produire les émissions qui remplaceront les trois heures quotidiennes de publicité de France 2 (sans compter les futurs investissements pour la diffusion en haute-définition, domaine dans lequel la France brille par son retard), voilà tout le problème. Et les idées proposées jusqu'à présent (taxer les revenus des chaînes privées et / ou des opérateurs internet) ne semblent guère convaincre. Et puis, il y a l'envie qui démange depuis plusieurs mois l'actuel président de France Télévisions d'augmenter la redevance. L'argument massue est toujours le même : elle est l'une des plus faibles d'Europe, alors pourquoi ne pas l'aligner sur les autres pays de l'Union ? Mais bien sûr ! Et si l'harmonisation est faite pour la redevance télé, pourquoi ne pas aligner le prix de la viande et des légumes ? Pourquoi ne pas aligner nos salaires sur ceux de la Grande-Bretagne, par exemple ? Vu le résultat des précédentes commissions du gouvernement (citons la déjà célèbre Mission Olivennes contre le téléchargement illégal qui devrait déboucher sur ce qui a déjà pris le nom de : "loi Fnac" et l'extraordinaire Rapport Attali qui préconise d'augmenter les franchises de salons de coiffures pour relancer l'économie), on peut déjà douter de la pertinence du rapport qui en sortira. En grève![]() Non pas que le secteur public veuille se battre pour conserver la pub. Mais, comme il est exclu de compenser les pertes par une augmentation de la redevance, les moyens financiers du service public sont désormais à la merci du pouvoir politique. Et pour l'instant, le pouvoir politique, c'est lui. On comprend l'inquiétude. Nous soutenons cette grève et, pour la peine, nous ne posterons rien d'autre aujourd'hui - ou du moins rien d'important. Jean-Luc Delarue contre Victor Newman : Delarue gagne![]() ![]() Ca méritait un billet. Les Cinq soeurs de France 2
Cinq soeurs, c'est donc le titre de ce feuilleton qui se passe à Nice, parce que c'est toujours mieux sous le soleil, produit par la même société que celle de... Sous le soleil justement. On les soupçonne d'ailleurs d'avoir recycler les décors : on retrouve l'inévitable clinique, car en France on est tous médecin dans des petites cliniques proprettes où les généralistes pratiquent sans problème la neurochirurgie. Recyclage également de la musique du générique, où l'on sent bien la pâtes de l'artiste original. L'histoire de cinq soeurs, âgées de 17 à 35 ans (parmi lesquelles on retrouve la fille de Navarro figurez-vous), soudées autour de leur père d'autant plus génial qu'il est veuf. Un événement va venir bouleverser leurs vies, dès le premier épisode. Du lundi au vendredi à 18h15 sur France 2. Anne tente d'être drôleÀ quoi voit-on que notre système politique est en déconfiture totale ? Facile : lorsqu'Anne Roumanoff, qui est à l'humour ce qu'André Rieu est à la Valse (ou ce que Vincent Malone est à la trompette) se permet au cours de l'ultra-formaté Vivement Dimanche Prochain un sketch dans le répertoire difficile de la satire politique façon "Caveau de la République" et réussit presque (mais pas tout à fait quand même) à être drôle. Certes, ce sont un peu les mêmes blagues que celles qu'a faites votre cousin Michel au dernier réveillon de la Saint-Sylvestre, mais, avouez-le, grâce au champagne vous aviez esquissé un sourire. Alors, regardons ensemble Anne brocarder dans un registre "troisième république" notre roi-sarko minute-soupe (je suis en forme, c'est dimanche matin). Plus glauque la vie (à Noël)
Nous aurons dans les jours qui viennent droit à, pêle mêle : "C'est tous les jours Noël", émission de divertissement sur France 2 présenté par Tex et Sophie Davant pendant deux semaines. Ouais. Une spéciale "Les enfants du 31" pour le Nouvel an sur TF1, avec Arthur et Cauet. Une soirée entière "Plus belle la vie" ce soir sur France 3. Un revival de "Sacrée Soirée" demain soir sur TF1. "Le grand music quizz" présenté par Benjamin Castaldi avec des stars telles que Dave, Lorie, Dany Brillant ou Liane Foly, le 29 décembre. Ou encore un best of d'Incroyable mais vrai le 25 décembre. Joyeux Noël. Téléthon, la charité ne fait plus recette
De surcroît, les 63 millions de dollars récoltés par le 42ème téléhon américain - la formule originale lancée en 1966 par Jerry Lewis pour la guérison des MDA (Muscular Dystrophy Association) - font pâle figure par rapport aux 96 millions d'euros français. Pas de quoi rougir après tout... Et pourquoi ne pas mutualiser les fonds récoltés à travers tous les téléthons de la planète ? Peut-être qu'il y aurait alors moins besoin de quémander cinq millions d'euros quand quatre-vingt seize sont déjà dans la cagnotte. A quoi ressemble la (miss) France (en) 2008 ?![]() Ce soir, la France a un nouveau visage. Nous sommes comme toujours très excités par cet événement de première importance autour duquel tout un pays se mobilise. Oui, une fois encore, pendant que France Télévisions tentera de mobiliser autour de la belle cause du Téléthon, TF1 nous balancera son élection de Miss France 2008 en grandes pompes. On ne sait pas quel aura le visage de Miss France 2008 mais on craint en revanche que le visage de la France en 2008 ne s'annonce encore plus moche qu'en 2007. MàJ : Le visage de Miss France 2008 est donc celui de la jeune Valérie Begue, bien mimi Miss Réunion. Quant à celui de la France, comme prévu, il est beaucoup moins beau. France 2 a lancé un appel à projets - sans réponse
La chaîne publique aurait pour l'instant reçu très peu de projets. Les scénaristes français seraient-ils également en grève ? Comme le faisait cyniquement remarquer un blogger quelque part sur la blogosphère, ça fait 20 ans qu'ils sont en grève les scénaristes français. Oh ! Ceux-ci s'indignaient hier dans Libé d'être désignés responsables de tous les maux de la fiction française. Les chaînes (privées) elles-mêmes alimenteraient le débat sur la crise de la fiction française pour pouvoir revenir sur leurs obligations de consacrer une part de leur budget au développement de créations originales. C'est possible. Et les chaînes y sont pour beaucoup dans la médiocrité des programmes, paralysées qu'elles sont par leur couardise et leur frousse de déplaire à la ménagère. Ceux qui étaient trop occupés à regarder Les Soprano, 24, Dexter, Nip/Tuck, Lost, Desperate Housewives et The Office, peut-être.
La fin des tabousAegirsson nous écrit : Homosexualité, racisme, prostitution et plaisir féminin (et pourtant nous sommes au XXIe siècle) ont été traités dans cette émission et, si elle tient jusque là, elle devrait également s'attaquer aux tabous de la naissance, de l'argent et de la virilité. Jusqu'à fin décembre en tous cas, c'est le merdredi à 23h15 sur France 2. Ma vie, c'est la télé
Evidemment, un ouvrage d'une telle envergure ne s'écrit pas tout seul. Il est co-signé Jean-François Kervéan, et Michel Drucker s'en explique dans la préface de l'œuvre (je vous résume) : "Si j'avais dû coucher sur le papier cette biographie seul, il m'aurait fallu stopper toutes mes autres activités pendant une saison ou attendre la retraite et rédiger mes mémoires comme tant d'autres, mémoires qui n'auraient parlé à personne. C'est pour cela que j'ai demandé à mon ami Jean-François Kervéan de m'accompagner sur le chemin de l'écriture pour vous narrer mes aventures". Le vrai scoop arrive page 17 lorsque Michel Drucker avoue : "Mon père a été médecin jusqu'à quatre-vingts ans, j'aimerais comme lui, si le public me le permet, ne jamais prendre ma retraite". En filigrane, on peut entendre : "Ne me faites pas le même coup qu'à Jacques Martin : m'évincer de l'antenne à ma première embolie". Mais si je parle de Michel Drucker ici, c'est aussi parce qu'il est le grand témoin ce soir de l'émission de Mireille Dumas sur France 3 dans un spécial Vie Privée, Vie Publique consacré aux coulisses de la télévision. Au programme : comment prépare-t-on un "Tenue de Soirée" avec Gad Elmaleh ?, qu'est-ce qui motive les participants des jeux télévisées comme ceux qui jouent aux Z'amours et à Questions pour un champion ("Notoriété ou désir de victoire ?" se demande le reportage, occultant l'appât du gain, mais bon, c'est pas les glorieux cinq cents euros qui récompensent le super champion du jeu animé par Julien Lepers ou le voyage à Tunis pour les gagnants des Z'amours qui doivent vraiment motiver les foules) ?, les coulisses des grandes fictions télévisées comme le dernier Maupassant avec Marie-Anne Chazel ou bien encore l'envers du décor de Plus Belle la vie. Oui, vous l'aurez remarqué, cela fleur bon l'ethnocentrisme France 2 / France 3. En même temps, c'est un peu normal pour une émission du service public. Et enfin, au cours du programme, il y a cette rencontre exclusive avec Michel Drucker qui nous apprend que même les animateurs qui le trouvaient consensuel viennent le voir maintenant pour lui dire : "Je te comprends", comme Thierry Ardisson. "C'est normal", explique Michel, "je connais tout le monde, je sais tout de leurs vies, de leurs joies, de leurs faiblesses, j'étais là lorsque cette chanteuse était au plus bas et devait quand même monter sur scène ou bien encore lorsque ce couple dont la famille se déchirait devait jouer ensemble chaque soir" (je vous fais ça de mémoire, j'ai pas eu le temps de prendre des notes). Du vrai scoop, vous dit-on. Allez, Monsieur Drucker, accrochez-vous à nos dimanches et Jean Nohain n'aura qu'à bien se tenir. PS : Et n'oubliez pas notre super jeu du Funny Friday, il reste une semaine pour nous soumettre vos propositions ! il y a un coffret de Papa Schultz saison 2 à remporter (non, je déconne, y'a rien à gagner, si ce n'est la gloire). Les séries en vrais
Sur Jimmy : Housewives : les vraies. Un docu-fiction en 18 épisodes dont la chaîne diffuse ce soir à 23h45 la première partie, nous présente cinq Américaines d'une banlieue chic de Californie "qui n'ont rien à envier à leurs célèbres "consoeurs" de fiction". "Des soirées diamants aux séances de chirurgie esthétique, en passant par les petits soucis de boulot pour celles qui travaillent "pour le fun", les "real housewives" révèlent l'envers du décor de vies réussies... en apparence". Sur France 2 : pour booster un documentaire diffusé ce soir dans la case Infrarouge, la chaîne publique n'hésite pas non plus à surfer sur la série américaine. Une plongée dans la vie de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale présentée ainsi : "Ce document à la fois spectaculaire et sociétal nous plonge dans la guerre contre le crime et la quête permanente de vérité. Des combats menés au quotidien par des hommes et des femmes armés de microscopes, d'ordinateurs, d'éprouvettes et de passion". Nom de ce très sérieux documentaire : IRCGN : les vrais experts.
Les grèves à la télé
Côté France 2. Premier gros reportage à Lille et Paris. Colère des usagers : "otage, otage, otage". Un type énervé reste modéré : "j'ai pas l'impression qu'en face on a un gouvenement ouvert à la discussion et ça, c'est emmerdant". Le reportage nous mène ensuite devant St-Lazare où des employés de la SNCF distribue des feuilles d'informations sur les horaires des trains en circulation. "Mais pour la plupart des usagers que nous avons croisés, réaction de déception", dit le commentaire. Une fille : "Il m'apprend absolument rien du tout sur ma gare qui n'est pas notée". À Lille, un comité d'usagers qui proteste avec des autocollants "Clients pris en otage" avec une petite tête de bonhomme qui fait la tête dans le "o". Trop meugnon. En direct de la gare Saint-Lazare, un point sur la situation avec une journaliste, Agnès. C'est la cata : déjà des embouteillages à Paris et à la gare. Attention, en plus, la grève est reconductible, les conditions de trafic de mercredi seront les mêmes jeudi. Agnès donne les numéros d'informations et rappelle que les billets de la SNCF seront remboursés pour tous les trains que l'on ne pourra pas prendre pendant le conflit. Retour plateau et départ à Marseille où la grève a déjà commencé suite à l'agression d'un contrôleur. Saint-Etienne. Les cheminots préparent la grève. Ils expliquent les raisons de la pénibilité de leur travail et un conducteur rappelle que la retraite précoce, c'est une question de sécurité. "N'attendons pas de pleurer des morts pour dire qu'on a fait le mauvais choix". Quelle Cassandre, celui-là ! Enfin, derniers reportages sur une jeune fille qui prend le métro et le RER jusqu'à Sevran et qui raconte la futur galère d'aujourd'hui puis sur une entreprise qui a prévu de s'organiser pour assurer une continuité de la production. La suite tourne autour des actions politiques autour de la grève. Côté TF1. Vous vous en doutiez, c'est pareil mais différent. "La première grande épreuve sociale", nous dit PPDA. Cela commence par la SNCF et les prévisions de trafic. Mais on apprend aussi qu'EDF pourrait provoquer des coupures de service. Et que l'Opéra de Paris et la Comédie Française ont annulé leur représentation. Le reportage s'achève par les classiques numéros de téléphone d'information. Ensuite nous partons dans les locaux de la SNCF avec tous les outils en place pour faire connaître les trains qui circuleront. Et là, alors que chez France 2, c'était un peu la cata, chez TF1, cela devient la panacée, c'est simple, on est mieux informé quand il y a une grève qu'à l'inverse. Miracle de la technologie, tout est mis à jour en temps réel, c'est une machinerie impeccable, huilée aux petits oignons. Les agents aident aussi les gens qui souhaitent savoir quand passent leur train : "c'est très bien j'ai tous les horaires des trains, je suis moins stressée", explique une demoiselle. Panoplie d'outils, plateforme téléphonique, infos sur le web : c'est tout simplement génial. Limite si tu rates ton train, c'est que t'es quand même un gros naze. Certains abonnés auront même le droit à des SMS, mais on ne sait pas qui sont les heureux élus. C'est ensuite le tour des voyageurs mécontents : en banlieue parisienne et à Lille (la même histoire que sur France 2). Mais, rappelle les interviewés : c'est plutôt pour se plaindre de la gestion du conflit et appeller au dialogue qu'une confrontation avec les grévistes. Direct avec une journaliste devant la gare Montparnasse (un peu plus chic que la gare Saint-Lazare). C'est très calme : les gens ont anticipés, explique la reporter. Ils sont partis plus tôt, d'autres ont déjà choisi la voiture ou le vélo. Enchaînement avec les activités sportives des franciliens demain : "pied, trotinettes ou baskets"... Tiens et à Aéroport de Paris, comment ça se passe ? On part en co-voiturage. Côté entreprise, TF1 en a choisi une qui perd 70% de ses employés pour cause de jour de congé. Interview du patron qui craint pour la pérénitté de son entreprise puisque ses clients peuvent résilier leur contrat pour absence de résultat. C'est d'ailleurs marrant, il s'agit d'une entreprise de nettoyage et les images font penser qu'ils sont en train de nettoyer la cantine de TF1. Ils sont pas partis chercher loin, les journalistes de TF1, pense-t-on. La location de voiture et les moto-taxis sont pris d'assault. Dormir près de son lieu de travail, fait partie des solutions envisagées. Et puis, petit passage, comme chez France 2, chez un gréviste. Mais là, cette fois-ci pas de mouvement de masse. On ne part pas dans une gare avec plein de grévistes. Non. Juste un conducteur de bus, seul, qui explique les raisons de la pénibilité de son travail. "Contradiction du personnage", nous dit le reportage puisque l'homme accepte qu'il faut des réformes mais s'accroche à sa retraite à 55 ans. La suite, comme sur le concurrent historique rappelle les actions politiques en cours. Le tout s'achève par un impeccable interview de François Fillon dont je vous épargne mes commentaires peu inspirés. D'un côté, donc, les grévistes s'expliquent, de l'autre, il est seul et passe pour un aigri ; d'un côté, une entreprise s'organise, de l'autre, elle va licencier ; d'un côté, Saint-Etienne, Sevran, Lille, Marseille, de l'autre Paris, Paris, Paris et Lille. Mais, finalement, il s'agit principalement de différences de forme. Peu de discours critiques, pas d'analyse de fond, juste des faits centrés sur monsieur et madame tout-le-monde. Populisme, quand tu nous tiens... Guy Môquet au pied de la lettrePosté par Van le 17.10.07 à 11:26 | tags : la chaine parlementaire, télé et politique, france 2, france 24
Tourné cet été sous l'impulsion de LCP - qui a décidé ça en toute liberté -, avec Jean-Baptiste Maunier (Les Choristes, illus.) dans le rôle titre, ce film retrace les derniers moments de Guy Môquet. Entre ça matraqué sur 4 chaînes pendant 5 jours, et la lecture spontanée dans tous les lycées lundi prochain, les jeunes seront au point sur ce personnage héroïque de l'histoire - s'ils parviennent à oublier l'effet que la lettre a eu sur notre XV de France... - que le président le plus à droite qu'on ait jamais eu a ironiquement remis au goût du jour. En parvenant à faire oublier que le héros était communiste. |
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