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L'actualité des chaînes du groupe public France Télévisions.
Vidéo off de Sarko : France 3 attaque Rue 89 (et se ridiculise)L'ami Romain vous proposait ce matin la fameuse "vidéo off " de Sarkozy sur France 3 et initialement récupérée par Rue 89. Dans un edito-déonto, Haski fustige cette démarche inquisitrice de France 3 qu'il met sur le compte des pressions subies par la chaîne depuis la diffusion de la vidéo. France 3 fait surtout une énorme erreur. Evidemment l'info est reprise par de nombreux médias - ce que nous faisons nous mêmes là - et la vidéo, reprise par des centaines de sites et blogs, a déjà été vue plus d'un million de fois. La chaine se ridiculise en jouant les auxiliaires de police et l'Elysée s'il est à l'origine de cette démarche est tout aussi mal inspiré. La société des journalistes de France 3 est montée au créneau et son directeur de la rédaction se serait déjà désolidarisé de sa direction. Et que nous dit-elle cette vidéo ? Que le visage avenant et lisse du spectacle de l'info télé masque des rapports de force plus tendus et des attitudes moins souriantes. Tout cela normalement c'est gentiment off, mais ça fuite de plus en plus et au vu des efforts promotionnels entrepris par certains "conseils" , la vidéo affichera bientôt tranquillement ses 20 millions de visites. Du coup on vous la repasse nous aussi : Patrick de Carolis rompt le silence
Best of : "La télévision, c'est un métier. Il faut qu'on laisse travailler les professionnels. Depuis trois ans, nous nous efforçons de faire une télévision respectable, et j'entends qu'elle soit respectée." "Faux, stupide et profondément injuste" à propos du jugement porté par Nicolas Sarkozy sur la télévision publique, qui ne se distingue pas assez des chaînes privées. "Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, je dirai stop". Carolis n'est pas loin du crime de lèse-majesté, et pourrait bien rapidement le payer. Traduction de ses propos : 1) le président est un amateur, qu'il laisse faire les professionnels. 2) il se trompe, il est stupide et injuste. 3) je pourrais bien démissionner avant de lui laisser le plaisir de me virer. Le président de France Télévisions doit-il démissionner ? Doit-il attendre de se faire virer ? Une démission apparaîtrait-elle comme un acte lâche ou courageux ? Difficile position que celle que doit assumer Carolis qui doit néanmoins après sa sortie de ce matin se sentir un peu plus léger. (illus. MEIGNEUX/SIPA) Et la pub ne fut plus... et l'indépendance de France Télévisions non plusMiracle sarkozien : dès le 1er janvier prochain, 20h (20h25, après le JT), nos yeux fatigués ne seront plus sollicités par la publicité. Tout juste un petit sponsor avant la météo. Merci qui ?
On va pas se laisser emmerder par quelques autorités administratives indépendantes. Ni par une opinion publique qui doit désormais digérer (et d'abord réaliser peut-être) le fait qu'elle va payer de sa poche la suppression de la pub, les opérateurs taxés ayant évidemment déjà prévenu qu'ils reporteraient l'addition sur les factures des abonnées. Et qu'elle peut dire adieu à l'indépendance du groupe audiovisuel public, dont le président sera choisi par le pouvoir politique, et dont le financement dépendra entièrement du bon vouloir du même pouvoir politique. Et là vous vous dites peut-être que tout compte fait, c'était pas si terrible de prêter quelques minutes par jour son cerveau à Coca-Cola. (illus. crédit Witt/Sipa) Le rapport Copé : un montage financier digne de Brazil
Les points sensibles ont été en grandes parties évoqués lors des rapports d'étapes, mais pour le plus sensible de tous - le financement - les idées se sont affinées. Le manque à gagner est évalué à 450 millions d'euros par an. Pour arriver à ce chiffre (loin de faire l'unanimité, certains parlant plutôt de 1,2 milliards d'euros) voici le système imaginé : Ce qui fait dire à Pascal Rogard, directeur de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) : « Le montage financier est une addition de mesures qui me fait penser au film Brazil de Terry Gilliam. En réalité, le rapport Copé a trouvé le moyen de faire payer aux Français un impôt invisible. J'ai toujours dit que la décision de supprimer la publicité de la télévision publique avait un coût : elle ne peut se faire sérieusement qu'en augmentant la redevance, comme le montre le modèle allemand ou britannique. » De manière générale, les réactions des professionnels du secteurs sont peu enthousiastes, voire carrément méfiantes. Sarko voudrait-il flinguer France Télévisions ? ll n'a sans doute aucune idée de ce genre derrière la tête, mais en remontant le fil des événements, il est permis de s'interroger. Vous pouvez lire l'avant-dernière version du rapport que Le Point a obtenue, en ligne ici. Sachant que seul le président de la république a entre ses mains le rapport faisant foi. Le feuilleton sur l'avenir de la télévision publique est loin de s'achever, tout juste est-on en train de conclure la première saison. Ne manquez pas le prochain épisode.
(illus. montage impertinent de Rom) Nouvelle grève de l'audiovisuel public
Et finalement, que sait-on ? Que l'augmentation de la redevance n'est pas à l'ordre du jour pour Sarkozy alors qu'elle fait partie des préconisations de la commission. Qu'une indexation sur l'inflation serait toutefois à l'étude et que même le président pourrait l'accepter. Que d'ici septembre 2009 la publicité sera supprimée après 20 h sur les chaînes publiques et que la disparition sera définitive en 2012. Que plutôt que de trouver de l'argent, Copé et sa commission ont pensé à réduire les dépenses (vaste débat qui date... mon Dieu ! des années soixante...), notamment en réduisant le nombre d'antennes locales de France 3 de treize à sept. Que les revenus publicitaires de France Télévisions ont chuté de 21% depuis janvier. Mais que Christine Albanel a promis qu'il n'y aurait aucune suppression d'emploi chez FTP (France Télévisions Publicité). Que Copé pense taxer les fournisseurs d'accès à internet et les chaînes privées. Et que Bertrand Méheut, PDG de Canal+, considère que les télés privées n'ont pas à financer le service public. Dans une interview donnée au Figaro, ce dernier calcule que "la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20 heures entraînera un manque à gagner de seulement 100 millions d'euros pour l'année 2009, puis de 250 millions en année pleine à partir de 2010". Il précise sa pensée : "chaque année, France Télévisions dépense 2,7 milliards d'euros ; ce groupe a donc une marge de manœuvre suffisante pour trouver l'essentiel des 100 ou 250 millions en faisant des économies". Mais pour Bruno Beliat, directeur des études et de la communication à FTP, c'est 800 millions par an que la société apporte au budget de France Télévisions. De son côté, l'intersyndicale de l'audiovisuel public dénonce la commission Copé. il s'agit, pour elle, d'"une opération de camouflage du démantèlement de l'audiovisuel public au profit du secteur privé". Son communiqué continue : "dans un premier temps, le statut de chaîne nationale de France 3 est sacrifié, en attendant le démantèlement de l'ensemble de l'audiovisuel public". Cette grève fait suite au précédent mouvement du 13 février qui avait été le plus suivi depuis les grèves provoquées par l'éclatement de l'ORTF en 1974. Sources : Libération, Le Figaro, AFP. Des chiffres et des chiffres Des chiffres indépendants mais cohérents :- 55% des Français désapprouvent l'éviction de Patrick Poivre d'Arvor du 20h de TF1 (Ifop/JDD) Des chiffres liés mais incohérents : - 56% des Français se déclarent pessimistes quant à l'avenir de la télé publique (CSA/Le Parisien) Cette incohérence dans le jugement de nos compatriote ne cacherait-elle pas simplement un désintérêt certain pour l'avenir de l'audiovisuel public ? Si l'on en croit le nombre de vos commentaires sur les billets concernant France Télévisions, ça ne passionne pas les foules. Un chiffre ambitieux : Qu'en pensez-vous (si seulement vous avez un avis) ?
Bonnet blanc, blanc bonnet Et le feuilleton continue du côté de la Commission Copé, qui rendait compte aujourd'hui de ses réflexions sur la réorganisation des structures de France Télévisions, et notamment de France 3.La proposition majeure : "renforcer l'identité régionale de France 3 par un renversement complet de son mode de fonctionnement. Au lieu d'une chaîne nationale et de décrochages régionaux, on propose un réseau de chaînes régionales et un décrochage nationale". Waouh. Ca dépote à la commission, qui propose accessoirement de réduire le nombre d'entités régionales de la chaîne, de moitié. Monsieur Copé et la lisibilité"Le message de leur départ sera tout à fait illisible. (...) Je ne sais pas qui va comprendre qu'ils soient absents".
Si monsieur Copé a sans aucun doute bien des soucis à se faire, entre poursuivre le travail qui lui a été confié par the boss, parvenir à une solution à laquelle plus grand monde ne croit encore, et ne pas passer pour un idiot en raison des interventions mal venues du même boss, il peut se rassurer sur les problèmes de lisibilité de la décision des membres sortant de sa commission. On a bien compris, merci. (source Le Figaro et Satellifax) Le Bingo des chaînes privées s'appelle Sarkozy On n'en finit plus de parler de la suppression de la publicité à France Télévisions. Savoir qui cela intéresse est une question subalterne qui ne passionne personne. Pourtant, Les Inrocks rappelait il y a quelques semaines un sondage où l'on découvrait que seule une personne sur trois avait conscience du statut de chaîne privée de TF1.Dans ce paysage audiovisuel en déconfiture, nous avons donc d'un côté un service public en pleine asphyxie (productions reportées, signature de contrat pour la rentrée retardées, films annulés) et, de l'autre, des grandes chaînes privées en mal de résultats (comme TF1 dont le dernier bilan n'a pas été à la hauteur des attentes de ses actionnaires). Comment concilier la disparition de la télévision publique en faisant un cadeau à ses meilleurs amis (Bouygues, Bolloré) tout en dégommant sur orbite un porte-parole chiraquien (Jean-François Copé) et en s'arrangeant pour que l'on croit que l'Etat œuvre positivement afin de proposer des chaînes publiques de meilleure qualité sans coupure publicitaire ? En s'appelant Nicolas Sarkozy. Sur France Inter, ce matin, Jean-François Copé expliquait qu'il était nécessaire d'autoriser une deuxième coupure publicitaire pour les chaînes privées puisqu'il fallait bien que les recettes publicitaires dont ne pourrait pas bénéficier France Télévisions soient reportées « mécaniquement » à TF1 et M6. Dans un entretien à Europe 1, repris par le site du Nouvel Observateur, il déclarait - sans la moindre trace d'humour - « [qu']il n'est pas question que les télévisions privées soient appauvries, si on n'augmente pas les espaces publicitaires pour accueillir la publicité supprimée ». On aimerait bien demander à Jean-François Copé en quoi l'argent « interdit » de la publicité qui va manquer à France Télévisions pourrait provoquer de quelque manière que ce soit un « appauvrissement des chaînes privées » ? Comme le dit mon grand-père : « on marche sur la tête, là ». « Bah oui, mais cette seconde coupure publicitaire, c'est pas pour faire des cadeaux, c'est pour se mettre en conformité avec une directive européenne de 2007 » expliquent avec une certaine ambiguïté nos dirigeants. « Vous comprenez bien : on est pieds et poings liés avec l'Europe. Rhalala, c'est pas qu'on voudrait pas, mais faut bien qu'on soit réglo avec Bruxelles ». On n'avait pas vu un gouvernement français aussi volontaire à l'idée de se soumettre à une décision européenne depuis bien longtemps. La commission Copé, RIP
Sarko voudrait flinguer l'audiovisuel public - sans éclaboussure sur sa popularité - qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Allez, encore un petit mois avant la remise du rapport de la commission agonisante, souhaitons bien du courage à ses membres restants.
Pourquoi le service public est devenu si sexy ?
Comme vous lisiez bien hier Julien Courbet sur France 2. Et comme vous lisez également que Jean-Luc Reichmann - pas n'importe qui Jean-Luc, il est tout de même l'animateur préféré des Français - pourrait également revenir sur le service public dans la case de 18h avant Courbet. Etrange phénomène que celui qu'on observe ces jours-ci, où tous les poids lourds du privé s'en vont vers le public, au moment où l'avenir de celui-ci est plus incertain que jamais, où il y a, à moyen terme, peu de fric à se faire, où les problèmatiques d'audience devraient être tout autres avec la fin de la pub, où enfin, le service public pourrait se permettre de se différencier franchement des chaînes privées. Mais au lieu d'aller vers le "mieux-disant culturel", France 2 mijote les bons ingrédients du degré zéro culturel On fait de France 2 un clone des chaînes privées, on lui enlève ses revenus, et on la vend à un ami dans 4 ans d'après le constat qu'on n'a plus besoin d'une telle chaîne dans le giron public ? Ce scénario devient probable. Nous y reviendrons. Julien Courbet passe sur le service publicAu beau milieu d'une grande réflexion sur le service public, son financement, son rôle, ses missions, un symbole absolu de la télévision privée passe sur une chaîne publique. Julien Courbet quitte TF1 pour France 2.
Il débarque dans la case d'access prime-time, à 19h, en lieu et place de Laurent Ruquier. France 2 a de quoi se réjouir : Sans aucun doute, l'émission phare de "défense du consommateur" de TF1, réalisait en moyenne 30% de parts d'audience. L'autre bonne nouvelle pour la chaîne publique, qui a dû peser lourd dans la balance, c'est que l'émission de Courbet reviendrait 30% moins cher que celle de Ruquier (source 20 minutes). A ce stade, nous comprenons comment nous en sommes arrivés là : Nicolas Sarkozy a annoncé la fin de la pub sur le service public, chaînes et annonceurs ont paniqué, il y aura moins d'argent et nous récupérons donc au rabais des Julien Courbet. La fin de la pub sur le service public commence de plus en plus à ressembler à la fin du service public... Quelle télé publique voulons-nous ?
Nous en avons déjà pas mal parlé, souvent avec ironie, mais la chose est sérieuse et amène à s'interroger réellement sur cette question : qu'attendons-nous de la télévision publique ? Qu'elle continue de tenter de résoudre l'impossible équation concurrencer TF1 avec moins de moyen et des "programmes de qualité" (du moins pour le cas France 2), qu'elle se concentre sur l'aspect "programme de qualité" à l'image de la très louable Arte, renonçant à toute ambition réellement populaire ? Qu'elle se donne les moyens de produire de manière indépendante et sans les contraintes des chaînes privées des programmes originaux, intelligents, qui fidélisent un large public ? Avec l'exemple de la BBC en ligne de mire, c'est-à-dire une télé sans pub, financée essentiellement par la redevance mais aussi par la commercialisation des DVD ou la vente des droits de ses programmes - le plus souvent fabriqués maison. Pour ça, il faut des moyens, et la commission Copé est loin de les avoir trouvés. Tous les membres de cette commission ont dû discuter de la solution la plus évidente et la moins populaire : augmenter la redevance. Sauf son président qui a le soucis de respecter les engagements de campagne du candidat Sarkozy et de préserver l'aspect politique de la question. Car personne n'est pour payer plus cher pour la télévision publique. Ceci n'est pas une question rhétorique, vous pouvez y répondre ici ou sur le forum télé publique. Le SAV de la réforme de l'audiovisuelC'est bien beau de lancer des grands projets de réforme, encore faut-il les assumer.
Pour l'instant, on n'a parlé gros sous que pour compenser les pertes déjà (pré)visibles de recettes publicitaires pour le groupe public, l'annonce du président en début d'année ayant pas mal refroidi des annonceurs toujours frileux. 150 millions d'euros. Mais cette somme serait versée sous la forme d'une dotation en capital, et ne viendrait pas grossir le chiffre d'affaires de France Télévisions. Et, comme l'explique Libé beaucoup mieux que moi, c'est en fonction du chiffre d'affaires du groupe que sont fixées ses obligations de production, qui baisseront donc malgré tout. Le problème des producteurs (qui auront moins d'argent pour moins de programme), et donc en fin de compte des téléspectateurs, reste entier. Enfin, tous les secteurs évoqués pour mettre la main à la pâte et compenser les pertes de revenus publicitaires (opérateurs câble et télécom, chaînes privées) ont tous crié au scandale. Sans blague. L'augmentation de la redevance est extrêmement impopulaire. Evidemment. La quadrature du cercle somme toute. Pas évident à assurer comme service après-vente. Et là on sentirait bien une blague sur les vendeurs de chez Darty mais, par respect pour eux, nous nous abstiendrons. Ma télé publique : partageons nos idées, mais pas trop"Et si on partageait nos idées ?" Ainsi Jean-François Copé nous invite, sur son blog hébergé sur le nouveau site matelepublique.fr (un beau site, au graphisme tout ce qu'il y a de plus moderne...), à participer au débat qui s'est ouvert en début d'année lorsque Nicolas Sarkozy a lâché sa bombe.
L'avenir de l'audiovisuel est entre de bonnes mains. Mais au fait, c'est quoi l'audiovisuel public ?
Selon cette étude portant sur l'image des chaînes publiques et privées hertziennes auprès des Français, il apparaît qu'un tiers de nos compatriotes pensent que TF1 et M6 sont des chaînes de service public. Qu'est-ce que l'audiovisuel public ? Il aurait peut-être fallu commencer par là. Qui a besoin de pub avec de si belles intentions ?
Hier, la commission sur l'avenir de France Télévisions se réunissait pour la deuxième fois et faisait pour l'occasion un point presse qui a laissé certains journalistes cois. Le but principal de cette réunion était l'installation de quatre sous-commissions comme autant de pistes à explorer consciencieusement avant de se lancer. Chi va piano va sano. Quelques jours après la révélation de l'existence d'un "livre blanc" rédigé par TF1 et envoyé au président de la république, dans lequel il était principalement question de demander la suppression de la pub sur France Télévisions, Copé et ses amis allaient forcément devoir rassurer sur les intentions présidentielles (et surtout leurs origines) et sur la liberté de cette commission. C'est chose faite. Le printemps de la télé publique
Le président du groupe UMP et président de cette commission aime bien son nouveau boulot et en est très fier. A tel point qu'il ne veut pas d'autre président dans sa commission. A la question pourquoi pas Patrick de Carolis (président de France Télévisions, directement concerné) dans ce groupe de réflexion, il répond "il n'y a qu'un seul président dans cette commission, celui du groupe UMP à l'Assemblée". Soit lui-même bien sûr. La télé publique américaine sur la sellette (elle aussi)
Chaque année depuis huit ans, l'administration Bush tente de sucrer le budget pour la diffusion publique (radio et télévision). Irrémédiablement, des voix d'auditeurs et de téléspectateurs s'élèvent pour forcer le Congrès à restaurer le budget. Mais la part des téléspectateurs de PBS, la chaîne télé, se réduit encore plus rapidement que celle des chaînes commerciales, explique le New York Times, et trouver des gens concernés et mobilisés par l'avenir de la Public Broadcasting Service devient difficile. En contrepartie, l'audience de la radio publique (NPR) a explosé : 30 millions d'auditeurs aujourd'hui, alors qu'ils n'étaient que 2 millions en 1980. Alors PBS a reluqué du côté des annonceurs, augmentant leur temps d'antenne pour les faire payer un peu plus, et ainsi augmenter artificellement son budget... budget qu'elle s'est empressée d'investir pour faire produire de pâles imitations de shows populaires des autres chaînes. Le cas français
Trouver le milliard d'euros pour compenser les recettes pub et produire les émissions qui remplaceront les trois heures quotidiennes de publicité de France 2 (sans compter les futurs investissements pour la diffusion en haute-définition, domaine dans lequel la France brille par son retard), voilà tout le problème. Et les idées proposées jusqu'à présent (taxer les revenus des chaînes privées et / ou des opérateurs internet) ne semblent guère convaincre. Et puis, il y a l'envie qui démange depuis plusieurs mois l'actuel président de France Télévisions d'augmenter la redevance. L'argument massue est toujours le même : elle est l'une des plus faibles d'Europe, alors pourquoi ne pas l'aligner sur les autres pays de l'Union ? Mais bien sûr ! Et si l'harmonisation est faite pour la redevance télé, pourquoi ne pas aligner le prix de la viande et des légumes ? Pourquoi ne pas aligner nos salaires sur ceux de la Grande-Bretagne, par exemple ? Vu le résultat des précédentes commissions du gouvernement (citons la déjà célèbre Mission Olivennes contre le téléchargement illégal qui devrait déboucher sur ce qui a déjà pris le nom de : "loi Fnac" et l'extraordinaire Rapport Attali qui préconise d'augmenter les franchises de salons de coiffures pour relancer l'économie), on peut déjà douter de la pertinence du rapport qui en sortira. Le (bon) plan de TF1 pour (anéantir) France Télévisions
1) Plafonner à 500 millions d'euros (au lieu de 800 millions) l'enveloppe destinée à compenser la suppression de la pub sur les chaînes publiques. Tout ça en toute bonne foi et sans arrière-pensée, bien sûr. C'est beau l'altruisme. Une télé sans pub : France 3 fait l'inventaire
Alors que des rumeurs parlent carrément de vente des décrochages régionaux de France 3 à la presse régionale, la chaîne publique mène l'enquête dans une série en quatre volets intitulée "France Télévisions : quel avenir sans la pub ?". Le premier volet diffusé hier soir montrait les réactions des personnels du groupe globalement empreintes d'inquiétude. A voir ce soir : "Comment rester compétitif sans la pub ?". Comment produire des oeuvres de qualité sans les financements de la pub, comment rester dans la course et avec quels moyens... ? Bref, à coups d'enquêtes et d'arguments sérieux, France 3 fait plus ou moins subtilement passer le message que la fin de la pub sur France Télévisions, c'est mal.
Plus de pub sur France Télévisions ?
The futur is now et ce monde est à portée de main les amis, comme le président à commencé à le dépeindre ce matin lors de sa conférence de presse géante. Ce monde, ce pourrait bien être l'audiovisuel public dans quelques temps. Sarko a en effet annoncé le lancement d'une réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes de la télévision publique. Le manque à gagner étant compensé par des taxes, notamment sur les revenus publicitaires supplémentaires que les chaînes privées ne manqueront pas de réaliser. Il faut avouer que c'est une bonne idée. Qui profitera aux chaînes publiques et aux chaînes privées, pour qui les parts du gâteau pub ne feront qu'augmenter. Tout le monde est content somme toute, à part peut-être les salariés de la régie publicitaire de France Télévisions, mais on ne va pas jouer les rabats-joie.
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