|
Le JT, journal télévisé, a fait son apparition très tôt sur le petit écran. Rétrospective en image de cette histoire du jt à travers les âges.
La petite histoire du JT #10Posté par Rom le 25.08.08 à 23:39 | tags : histoire du jt
Pour ce nouveau (et certainement ultime volet) de notre histoire du JT, nous allons juste revoir quelques séquences des années quatre-vingts. D'abord Christine Ockrent nous informe qu'il y a une nouvelle identité visuelle pour Antenne 2 : "Adieu les petits hommes de Folon et bonjour l'image électronique imaginée par Pipa". Ce qui fait écho d'une façon absolument pas calculé à un précédent post sur l'habillage des chaînes de télévision. En 1992, lorsque Antenne 2 et FR3 disparaissent, voici le nouvel habillage de France 2 et France 3. Nous ne sommes pas encore avec le trapèze : "le 3 reste en bleu avec le mot France inscrit en blanc sur la partie supérieure du chiffre", ça c'est le commentaire au cas où on ne pigerait rien. Ensuite, s'enchaînent les interviews des salariés de la chaîne dans une ambiance bon enfant. Les locaux, à l'époque, n'ont pas encore déménagé. Ce changement, radical, entend faire oublier la présidence calamiteuse du super PDG d'Antenne 2 et de France 3, Philippe Guilhaume, remplacé en 1991 par Hervé Bourges. Le 29 mars 1986, pour la première fois, Claude Sérillon débute le journal de la seconde chaîne en nommant les français (dont les journalistes d'Antenne 2) retenus en captivité au Liban. Il en sera ainsi jusqu'à leur libération plus de deux ans plus tard. Cette annonce n'est pas vraiment pour plaire au tout nouveau gouvernement de Jacques Chirac et le directeur de l'information d'Antenne 2 n'est pas vraiment bien vu. Finissons par rendre justice à La Cinq avec un sujet plus léger : en 1990, alors sous la coupelle du magnat français de la presse Hersant, la rédaction s'est assagie et propose des reportages pour le moins bucolique comme ce reportage sur les pistes cyclables "à volonté" à Strasbourg. Alors le vélib', on prend un coup de vieux, non ? La petite histoire du JT #9Posté par Rom le 19.08.08 à 15:07 | tags : histoire du jt
Lorsque la grille de La Cinq est lancée pour la seconde fois, après un cahier des charges remanié, Berlusconi a mis de l'argent dans le capital de la chaîne et compte bien exporter ses "réussites" italiennes comme Canale 5, Italia 1 et Rete 4 en France. Initialement, La Cinq n'avait pas la contrainte de diffuser des informations et bénéficiait d'une grande souplesse quant à la programmation des films, mais les dernières modifications lui interdisent l'accès au catalogue cinématographique, pour un temps en tout cas. La Cinq, version Berlusconi, va devenir un réservoir à série et surtout une chaîne qui va mettre toute sa force à développer en France l'infotainment. Commençons par le générique, retrouvé sur YouTube. Ici, on ne mégote pas : un satellite, la terre en arrière plan, Ainsi Parlait Zarathoustra en fond sonore, le tout est précédé par un partenariat subtil avec Seiko. On fait peur et on aguiche en même temps. Ça ne vaut certes pas les télex d'Antenne 2.
Dans l'extrait précédent, le générique s'achève avec Jean-Claude Bourret devant la rédaction du journal, dans l'esprit de ce que sera iTélé bien plus tard. Mais les premiers temps, le plateau est désespérément noir. Ce qui pourra surprendre le chaland lorsqu'il se balade sur le site de l'INA, ce sera de constater à quel point les extraits des journaux de La Cinq ne concernent que d'implacables faits divers. Guillaume Durand nous présente, par exemple, un reportage du futur pipoleur mais encore journaliste Jean-Marc Morandini qui fait ses premières armes autour des écoles de Montfermeil où il semblerait que le maire refuse de donner des crédits à deux écoles maternelles qui ont acceptées des enfants d'immigrés. Nous sommes le 31 octobre 1989. La rédaction de La Cinq adore ce genre d'histoire. Continuons avec un (autre) fait divers tragique : un meurtre raciste à Nice. Appréciez le lancement très détaillé avec l'analyse des deux temps du crime. Cet excès de sensiblerie est tout à fait salutaire. Nous sommes le 13 mai 1989.
Finissons avec cet extrait sur le terrible tueur de vieilles dames du 4 décembre 1987. Oui, vous ne rêvez pas : pour une fois, il ne s'agit pas de racisme. Nous finirons notre excursion sur la Cinq dans notre prochain épisode des petites histoires du journal télévisé à travers les âges. La petite histoire du JT #8Aujourd'hui, dans notre petite histoire, nous allons faire un tour des génériques des journaux. Sur Antenne 2 en 1982, on l'a vu mais rappelons-le, voici à quoi ça ressemble : bruits de télex, son stridents et stressants (surtout quand Pierre-Mendès France est mort). Personnellement, je trouve ça horrible. À regarder les titres, on constatera avec plaisir que notre époque est tout autant chargée en faits divers atroces que les années quatre-vingts. Outre un silo à grain tueur, ce 18 novembre, on vient d'inculper et d'écrouer trois animateurs d'un centre pour enfants handicapés (Le Coral) sur dénonciation pour pédophilie (*) et tout cela au milieu d'informations sur la réforme de la sécurité sociale. En 1985, sur Antenne 2, tout a changé, on voit plus grand, plus mondial. L'esthétique bleue est à l'honneur avec un planisphère sur un réseau maillé. Puis "Le journal" s'affiche en écriture cursive le long de la diagonale de l'écran pendant que les titres présentés par Bernard Rapp sont annoncés derrière une mappemonde tournante. Sur FR3, ce n'est pas tout à fait les mêmes moyens. Les Actualités régionales d'Île de France présentées par Jacques Bayle débutent par un plan du plateau avec une musique orchestrale dynamique. Le journaliste est devant un écran bleu ce qui permet aux techniciens de le détourer en direct et donc d'incruster un fond rouge (très utile). Les caractères qui s'affichent sont dignes d'un MO5, bienvenue chez les Geek. Dix ans plus tard, que de chemins parcourus lorsque l'on regarde le très beau générique de fin de Soir 3. Appréciez à sa juste valeur le tailleur très seyant de la journaliste. Finissons par l'apothéose : le générique de FR3 du 19/20, où les silhouettes de jeunes, vieux, dames, enfants se glissent des mots doux à l'oreille puis un téléphone sans fil avec une splendide mappemonde qui tourne derrière en surimpression avant que Paul Amar n'ouvre le bal. La semaine prochaine nous reviendrons sur le journal télévisé de La 5 période Berlusconi, le mauvais goût en action. (*) L'Affaire du Coral est une histoire bien atroce de pédophilie avec dénonciation, procès, acquittement, licenciement, meurtre, décès et suicide qui s'est déroulée en 1982 et dont les "faits" étaient, semble-t-il, le fruit d'un cerveau mythomane. Vous noterez que Christine Ockrent parlent de "ballets bleus" : c'est comme cela qu'on appelait à l'époque les affaires de mœurs avec des mineurs. L'expression fait écho aux "ballets roses" de 1959 : un policier organisait des parties fines entre des personnalités et des jeunes filles dans la région parisienne, notamment au Pavillon du Butard qui était alors mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale. Les demoiselles, âgées selon les sources de 12 à 18 ans ou de 14 à 20 ans, se lançaient dans des spectacles érotiques chorégraphié - pour certains - par la campagne d'André Le Troquer alors président de l'Assemblée Nationale. La petite histoire du JT #7Quand on attaque la fin des années soixante-dix, les magnétoscopes dans les régies se sont multipliés et on se retrouve face à un nombre de documents en croissance exponentielle. S'amuser à fouiner dans les archives de l'INA permet d'exhumer des extraits qui fleurent bon le début des années Yuppies. Mais commençons par une petite révolution : le matériel pour l'habillage, notamment autour des cartographies. Aujourd'hui, chaque journal y va de sa petite animation, avec en général un rappel de la situation avant un zoom sur la région concernée par l'information du jour. Voici, par exemple, à quoi cela ressemble dans le journal de TF1 en 2007.
En 1975, on a pas encore toutes ces belles machines électroniques, ces effets 3D "glossy" ou "mirror". Alors, on fait avec les moyens du bords, en substance : un rétroprojecteur façon salle de classe du lycée polyvalent de St-Romain-en-gal, comme dans cet extrait d'un reportage sur la montée tragique du chômage. Heureusement, on va vite trouver des supers graphistes qui vont nous en mettre plein les mirettes comme en 1979 lorsqu'à l'ouverture d'antenne de FR3, on peut voir cette très belle création, "tadata tididi". Dès 1980, le monde tourne aux costumes gris neutre et aux écrans bleus, on fait des inserts, on cale des "synthés" (les textes qui s'affichent à l'écran), et on fait des sourires en coin, parce qu'on ne sait pas encore que 26 ans plus tard on va être remercié par TF1 : Nous continuerons cette belle exploration dans le prochain volet de nos aventures. La petite histoire du JT #6Les années soixante-dix se singularisent par un emploi de plus en plus intense de couleurs criardes et désagréables. La télé est en couleur et il faut que cela se sache, nom de nom. Le générique des journaux de TF1 est en ce sens d'une splendide beauté graphique avec cette musique si stridente et stressante, loin cependant du sens cinématographique des années précédentes (en dehors du coup de feu que l'on entend, on ne comprend pas vraiment pourquoi d'ailleurs).
Le 16 février 1977, Bellino II est accueilli en héros sur le plateau du 13 heures de TF1 d'Yves Mourousi. Le générique débute devant les locaux de TF1 avec le cheval qui entre sur le plateau avec le fameux logo atroce en forme d'œil. Les rideaux sont marrons, les vestes sont marrons, les gens sont marrons, ce sont les années soixante-dix dans toute leur splendeur. A bientôt pour de nouvelles aventures (en marron, aussi). La petite histoire du JT #5Après 1967, la seconde chaîne est dorénavant en couleur. En 1972, la troisième chaîne commence d'émettre. Elle est spécialisée dans les émissions régionales et profite des onze antennes locales de l'ORTF.
Côté journal télévisé, finies les musiques angoissantes, bienvenue aux sonorités électroniques - Pierre Henry n'est pas loin. Autour de cela des conques traversent l'écran derrière un vague arc en ciel en noir et blanc. Nous sommes un an avant l'éclatement de l'ORTF qui se soldera par la création de TF1, Antenne 2 et FR3. Quand Giscard d'Estaing décide de "faire éclater" l'ORTF, il a en tête la suppression du pouvoir syndicaliste de la maison ronde. Plusieurs petites sociétés = moins de mobilisation pour les grèves. Cependant, cet éclatement ne se fera pas sans difficulté. Ainsi le 26 novembre 1974, alors que les nouvelles sociétés n'ont pas encore d'existence viable, l'intersyndical des journalistes de l'ORTF déclenche une grève sans préavis. Le journal est tout de même assuré, mais sans aucun plateau et avec une succession de diapositives. A bientôt pour de nouvelles aventures. La petite histoire du JT #4Pour cette quatrième partie de nos souvenirs du journal télévisé, voyons d'abord ce qu'il se passe lorsque l'on quitte les plateaux de l'ORTF.
Ce 19 août 1963, voici Léon Zitrone - encore lui ! - qui a rejoint dans un hôtel chic de la capitale Jayne Mansfield pour une interview fleuve. Hélas pour lui, le petit chien de l'actrice n'apprécie guère le nez de l'intrépide reporter. Basculons maintenant dans l'après-Mai 68. Nous sommes le 3 juin, les Actualités Télévisées intitulées "Télé-Soir" reprennent petit à petit. En ouverture, après des bruits de télégraphe, le plateau s'ouvre sur le rédacteur en chef Jean-Louis Guillaud qui annonce le retour à la normal et la fin des grèves. Après l'annonce des titres, il finit son introduction par une information qui touche directement l'ORTF : le limogeage de plusieurs directeurs et le soutien des journalistes et techniciens non-grévistes à ces hommes débarqués par le pouvoir. À bientôt pour la suite de notre petite histoire. La petite histoire du JT #3C'est dans les années soixante que le journal donnera le ton aux JT actuels. Aux commandes, sur la première chaîne, c'est Léon Zitrone qui s'y colle à partir de 1961 jusqu'en 1975. Sur la deuxième chaîne, le journal n'arrivera qu'en 1966, soit un an avant le début de la couleur.
Voici le JT de 20 heures diffusé le 2 août 1965 : Sachez qu'il existe de nombreuses archives sur le site de l'INA et qu'il est possible de consulter (s'il existe) le journal du jour de votre naissance (www). On appréciera le sens visuel qui confère une dimension épique au générique des Actualités Télévisées : des caméras que l'on règle puis une dont l'objectif nous fixe, un caméraman sur une moto, un autre dans un hélicoptère. Tout est fait pour que le métier paraisse à haut risque. On n'est pas en train de couler du plomb en fusion, mais presque. Lorsque débute le premier reportage (sans plateau) sur la chaîne des Maures qui vient d'être ravagée par un incendie, écoutez attentivement la musique qui accompagne les images. On croirait un genre de "Nuit sur le Mont Chauve" de Moussorgsky. Lorsque le reportage bascule sur les images de désolation après l'incendie, c'est une musique triste qui les illustre. Tout l'habillage sonore est digne d'un film hollywoodien des années 50. On oserait plus aujourd'hui nous coller une telle musique derrière un reportage télé. Pour finir, au retour plateau, on appréciera à sa juste valeur, le costume de guichetier de banque de Léon Zitrone. À bientôt pour la suite de notre petite histoire. La petite histoire du JT #2Notre petite histoire revient avec le premier lancement et le premier plateau conservé du journal télévisé - il y en a eu avant, puisque le JT débute en 1949 mais s'il reste des archives, il ne s'agit pour la plupart que de reportages muets sans le son. Pour voir la suite, c'est-à-dire le moment où Villedieu annonce le duplex depuis Londres avec Jacques Sallebert qui s'installe, il faut regarder la fin de cet extrait. Notez au passage que l'insert du Parlement de Londres derrière donne un peu l'impression qu'il est devant une carte postale à côté de Villedieu. On aura d'ailleurs souvent l'occasion de voir Big Ben et la House of Parliament pendant des années au JT. Comme on ne s'en lasse pas de ce générique, voici Claude Darget qui présente le Journal Télévisé du 23 janvier 1957. La ressemblance avec Alain Duhamel est frappante. Le contenu tient en la nomination du nouveau directeur de l'ORTF et le départ de Wladimir Poché avant un plateau sur le Marché Commun par le journaliste Jacques Donot. A bientôt pour la suite de nos aventures. La petite histoire du JT #1Posté par Van le 22.07.08 à 17:04 | tags : histoire du jt
Voici la série de l'été sur le blog télé. Oui, elle arrive un peu tard, le mois de juillet est bien entamé, mais, que voulez-vous, les bonnes choses savent se faire désirer.
Nous allons nous intéresser au cours des prochaines semaines au monde merveilleux des journaux télévisés en traçant à coups d'archives de l'INA les évolutions de style, de plateau, d'analyse et surtout de décor et de costume. À ce titre, les années soixante-dix seront les plus surprenantes offrant une profusion d'éclatantes couleurs oscillant entre le marron jaune et le jaune marron. Ce qu'on retiendra, dès le début, ce sont ces génériques si diablement effrayants avec ensembles de cordes dramatiques à l'appui. L'infotainment n'aura pas attendu La Cinq, son ciel étoilé et son logo entrant dans le champ façon Star Wars. Mais commençons notre série de l'été par une petite incursion dans l'ère qui précédait le journal télévisé (ce dernier n'existera sous la forme connue qu'à partir de 1949 avec, à l'époque, des plateaux et des reportages commentés en direct). En ce temps, cela s'appelle Les Actualités Françaises et il s'agit de reportages montés bout à bout avec un habillage sommaire. Retournons d'abord le quatorze août 1942. Ah la la. Que c'était chouette la France sous l'occupation. On se baladait en vélo au milieu de rues désertes, il faisait bon plonger dans la Seine. Rien à dire, c'était vraiment la belle époque. Sports, libération du "joug bolchévique" de la roumanie et d'autres allusions politiques s'enchaînent pendant 22 minutes dans l'extrait suivant. Mais bon, les Américains sont venus tout nous gâcher en nous extirpant des griffes de l'Allemagne Nazie. Du coup, il fallait bien les remercier, comme ce qu'avait fait le président de la République, Vincent Auriol, au seuil de 1949. Voici donc les actualités françaises dans la séquence "Regards sur le monde" de l'époque qui rappellent ce "maussade début d'année" et la grosse tempête de janvier avec des images qui font peur (et une musique terrible). Je me demande d'ailleurs si le son était pris en même temps sur ces séquences où s'il s'agit exclusivement d'un habillage en post-production. On continuera avec un sauvetage inédit, Shangaï, les Etats-Unis qui modernisent leurs avions, puis le sport (rugby, le pays-basque et les souleveurs de poids pour finir avec le "boojy woojy" à la fin de l'extrait). À bientôt pour la suite de nos aventures télévisuelles. |
Discussions en cours sur le forum télé :
|