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On adore, on déteste... La télé en toute subjectivité.
La télé rend fou (surtout quand elle ne marche pas) En début de semaine, nous vous parlions de la télé analogique qui s'arrête aux États-Unis et sur les difficultés de transition pour certaines personnes vers le numérique, notamment pour les plus désargentés.Avant-hier, c'est une station de Minneapolis qui rapportait un anecdote assez drôle d'un monsieur de 70 ans arrêté par la police pour avoir décharger son pistolet sur son téléviseur. Confus, éméché et passablement énervé, l'homme était en colère après son tout nouveau boîtier numérique - censé remplacer l'ancien système de réception - qu'il était incapable de faire fonctionner. Il a fini sa journée au poste où l'histoire ne raconte pas s'il y avait la télévision. (Via) Julien Courbet arrête Service Maximum, mais sans rancœur Ce matin, Julien Courbet confirmait dans l'émission Laissez-vous tenter sur RTL, la rumeur qui circulait rapportant l'arrêt de Service Maximum sur France 2.Oh, on ne peut pas dire que l'émission qu'il produit représente le summum de la qualité audiovisuelle, mais on ne peut s'empêcher de se demander si l'acharnement autour de lui n'a pas précipité sa chute. De Nicolas Sarkozy qui, en juillet dernier, "s'étonnait" de ce mercato entre TF1 et France 2 et de l'arrivée de la lie du service privé sur le service public (alors que ç'aurait pu être pire : imaginez Bataille et Fontaine) à Christine Albanel qui déclarait "l'émission de Courbet n'est peut-être pas le meilleur concept que l'ont ait inventé sur le service public", il faut reconnaître que Julien Courbet a un peu eu la tête tel un punching-ball. Cependant, ce matin, c'est sans rancœur à propos de ces déclarations ("l'histoire est classée") qu'il abordait la mise au placard de Service Maximum qui, assurait-il "n'a rien de politique". Plafonnant à 9% de parts de marché, il est victime, selon lui, de ce que les analystes appellent la "crise du crépuscule" : en substance, quand on rentre du boulot, on n'a pas vraiment envie de se plonger dans les problèmes des autres. L'objectif fixé à 12% semblait inaccessible, la publicité ne rentrait pas : "il fallait arrêter". Et si, finalement, Julien Courbet n'était pas aussi mauvais qu'on le pense - du moins, professionnellement ? Il a ainsi décidé - dans un geste relativement rare - de ne pas demander à France 2 de payer pour les émissions commandées à venir (en règle générale, une émission annulée en cours de contrat est quand même payée même si elle n'est ni produite ni diffusée). Certes, il a aussi le souhait de continuer à travailler avec France 2 ce qui explique quelque part ce choix étonnant. Soyons cependant sûr d'une chose : la décision d'en faire un bouc-émissaire (même si cela n'a pas eu pour impact direct sa mise au placard temporaire) de la part du pouvoir exécutif est de toute façon symptomatique de cette volonté d'inférer dans l'audiovisuel, volonté affirmée ouvertement avec la décision de nommer le président de France Télévisions au plus haut de l'État Français. Et ce soir, au cours de Télé Sarko, peut-être se félicitera-t-il de la suppression de Service Maximum ? Ne serait-ce pas hilarant ? Quant à Julien Courbet, il pourra toujours se féliciter d'avoir tenu trois mois de plus que Christophe Hondelatte. Puisqu'on parle de La Cinq...À l'heure où la facilité de distribution des chaînes de télévision s'améliore grâce à la TNT, plus que jamais le besoin en production audiovisuelle est flagrant. Or, nous bénéficions d'une manne sans fin d'œuvres françaises perdues au milieu d'armoires de stockage on ne sait où qu'il devient urgent de réhabiliter. Grâce à IDF1 (en île de france, la chaîne numéro unnnnnnnnn), les fans du feu Club Dorothée peuvent s'intoxiquer à longueur de journée avec les multiples rediffusions d'indispensables Hélène et les garçons ou autres Premiers Baisers. Dans cette jungle audiovisuelle, toute une partie de la France n'est - comme souvent - pas entendue : les militants qui se sont levés tel un seul homme pour sauver la Cinq derrière Jean-Claude Bourret ne bénéficient toujours pas de la rediffusion massive des productions de la chaîne. Or, de 1988 à 1990, trois cent quatre-vingt cinq épisodes de cinquante-huit minutes d'une sitcom dramatique et géniale ont été diffusés (deux à trois fois par nuit parfois) : Voisin, voisine, dont les cassettes croupissent quelque part dans un hangar parisien. Même YouTube et DailyMotion manquent cruellement de contenu sur l'émission. On trouve toutefois le générique magistrale(ment long). Plus étonnant : les sites consacrés à La Cinq (celui de Julien Chambon, Vive la Cinq, La Cinq.tv et d'autres) ne semblent pas se souvenir de cette série magistrale où deux familles voisines de palier (d'où le titre) s'adressent la parole sur un ton monocorde pour dresser des bilans pointus sur l'actualité internationale et sur la rougeole du petit dernier. Le tout sans scénario et sans direction, en constante improvisation. Une parodie des Nuls existe où il me semble que Farrugia (ou Chabat) veut des sandwichs au thon, mais j'avoue ne pas réussir à le retrouver et ma mémoire défaillante de fin de vacances ne m'est pas d'une grande utilité. Si quelqu'un a une idée, je suis preneur. À défaut de mieux regardons cette autre parodie des mêmes Nuls du même programme : Alors pour toutes ces superbes séries françaises, j'ai envie de dire Cinq you, la Cinq ou peut-être même plutôt La Cinq, c'est Cinq sur Cinq (et dire qu'il y en a encore qui s'étonne qu'une chaîne foire avec de pareils slogans). Direct Midi part en vacances La chaîne Direct 8 regorge de programmes géniaux à faire sacrément pâlir les Chaînes Persos de la Freebox.Ainsi, dimanche dernier, Direct Midi a clos sa saison 2007 / 2008 et on va vraiment regretter tout l'été cette émission magique qui fleure bon l'amateurisme et les stagiaires en pagaille. Proposée chaque samedi et dimanche de 12 heures à 12 heures 30, Direct Midi accumule les reportages de proximité sur des sujets brûlants d'actualité avec des présentateurs qui soignent - c'est là son principal intérêt - les enchaînements et les lancements. Ce dimanche, donc, Damien Hammouchi qui anime l'émission, commence : "Les vacances, c'est souvent le moment où l'on va se faire des tatouages . On voit à cette époque pulluler les gargotes éphémères à côté des plages qui proposent 'piercing' et 'tatoos'. Mais il faut prendre garde car les conditions d'hygiène ne sont pas toujours respectées et aucune législation n'existe pour le tatoueur : n'importe qui peut se déclarer tatoueur. Les risques sont grands et les conditions de stérilisation laissent à désirer, comme le montre ce reportage de...". Le reportage en question nous emmène chez Bébert, tatoueur professionnel qui fignole la Geisha de Seb. Bébert montre bien qu'il stérilise ses instruments et qu'il utilise des aiguilles à usage unique malgré le commentaire qui se veut critique : "Bébert fait... avec les moyens du bord". Mais rien à voir avec une baraque à frites montée à la va-vite près d'une plage promise par le lancement. Retour plateau pour la suite et Damien enchaîne : "Alors, la plage, c'est les tatouages, mais c'est aussi les départ en vacances et donc l'abandon des chiens. D'ailleurs, il ne faut pas abandonner son chien . Voici Gégé, un animateur de centre aéré pour les toutous. un reportage de...". Nous admirons alors une succession de plans foireux sur un type qui emmène huit chiens dans la forêt le week-end parce que leurs maîtres "de riches avocats et des médecins de la place parisienne n'ont pas le temps de s'en occuper". Dernier reportage. Vas-y Damien, fais-nous rêver : "Alors, c'est un service coûteux mais bien utile pour ceux qui ont des chiens. Merci Gégé ! Mais les chiens, c'est aussi les morsures. Si n'importe quel chien peut mordre, certains sont vraiment méchants, impossible à maîtriser. Voici un refuge pour chiens agressif que nous présente...". Après ce nouveau reportage de dix minutes passablement soporifique sur un élevage de chiens d'une race considérée comme agressive, nous revenons une dernière fois sur le plateau et Damien nous souhaite de bonnes vacances et nous promet de revenir à la rentrée. Oh quel dommage, c'est déjà fini... La Commune : une légère critique
Après cette digression, revenons à mon sujet du jour, les deux premiers épisodes de La Commune. Vous avez dû lire (et sinon je vous encourage à le faire), dans la partie magazine de la zone télé de Fluctuat, une critique enthousiaste de la série ainsi qu'une interview intéressante de son auteur. Et, nombre des points évoqués sont tout à fait justifiés : La Commune représente une réelle bouffée d'oxygène dans la fiction française et j'ai envie d'ajouter pour une fois. Sauf que... La Commune est, par moment, un remix de toutes les bonnes séries américaines depuis 1996. On y trouve Oz (le narrateur), bien sûr, mais aussi, The Wire (les enjeux politiques), du New York Police Blues (qui a démocratisé - en mal - le tournage style caméra à la main), des flics ripoux version The Shield et le tout avec une dose de West Wing puisqu'il est fait allusion dès le second épisode au président à laquelle s'ajoute des velléités ministérielles pour certains personnages de la série. Mais tout ce bric à brac mis bout à bout donne finalement peu d'unité à la série. Le pire étant peut-être l'équivalent français du coryphée de Oz où sont pompés les valeurs de plans et le jeu des diapositives projetées sur les murs derrière lui. Le problème, c'est que ce qui était révolutionnaire en 1996 (date de la première diffusion de Oz), rate son effet en 2007 où l'innovation visuelle reprise ici paraît bien fade.
Répétons-le, quand même, il y a du bon et du très bon dans La Commune, mais cela ne reste qu'un remix de dix ans de HBO mouliné au hachoir. La série est certes réussie, mais ressemble par moment à un mauvais décalque. (crédits photos : Lahcene Abib / Canal+ / Tetra media) Mise à disposition de temps de cerveau L'Union Européenne discute en ce moment de l'avenir de la publicité à la télévision, ou plutôt de l'avenir de la télévision qui serait la publicité.Dans le cadre des discussions sur la directive "Télévision sans frontières", les ministres européens de la Culture se sont mis d'accord sur les grandes lignes d'un texte qui doit fixer des règles communes pour les télévisions européennes. Point d'achoppement : la publicité. Les normes en matière de coupure pub vont changer, pour pouvoir, bien sûr, en caser plus. La règle actuelle : des coupures toutes les 30 minutes sauf pour les films et documentaires, toutes les 45 minutes. Le nouveau texte prévoit une fréquence ramenée à 30 minutes pour tous les programmes, sauf le divertissement et le sport qui eux échappent carrément à toute règle. Un garde-fou : la pub ne pourra dépasser 20% par heure de diffusion. Ce qui ferait 12 minutes de pub par heure. Pour un film de deux heures, ou pourrait donc se retrouver avec 24 minutes de lavage de cerveau sur la dernière bagnole ou la margarine aux Omega3 dont personne ne sait toujours ce que c'est.Avez-vous déjà eu l'occasion de regarder la télé aux Etats-Unis ? C'est inregardable. La commissaire européenne en charge du sujet exclu toute américanisation de la télévision européenne, mais il ne suffit pas de la dire et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle justement ce fait. Certes la pub fait vivre, mais trop de pub nuit gravement à la santé (mentale). Le JT de France 2, nouvelle formule ? Y-a-t-il une nouvelle formule, nouvelle ligne éditoriale au 20h de France 2 ?David Pujadas reçoit donc Al Gore ce soir, mais ce ne sera pas le premier pipol de la semaine. Hier mardi, il recevait tout d'abord Bernard Tapie qui expliquait avec son franc-parler habituel la décision de justice rendue par la cour de cassation, annulant l'arrêt de la cour d'appel qui avait statué en sa faveur... bref, les éternels déboires juridiques de Tapie, qui ne sont pas le sujet ici. ![]() Mais ce n'était pas tout. En fin de journal débarque la belle mais insupportable Emmanuelle Béart, venue faire la promo du film de Manuel Pradal, Un Crime, dans lequel elle partage l'affiche avec Harvey Keitel. Toujours très lyrique la Béart, elle ne convainc pas pour autant, pas moi en tous cas. Grosse affiche donc pour le 20h de Pujadas, dans lequel les invités sont de plus en plus nombreux. La venue récente de Johnny était un grand moment d'ailleurs, mais ça, c'est l'effet Johnny. A part le pipol, un peu d'actu tout de même, avec la Corée du Nord qui nous fait des petites frayeurs mais apparemment tout va bien, elle n'est pas assez menaçante pour faire l'ouverture du journal, occupée par l'affaire des bébés congelés, puis le tueur en série de Mulhouse. Et puis, entre deux interviews, le nouveau concept de la rédaction, le "portrait de France". Année électorale oblige, France 2 a décidé de se pencher sur ce qui a changé ces douze dernières années - l'ère Chirac - dans la vie des Français. Idée fort louable, potentiellement intéressante. Mais traitée à la façon Jean-Pierre Pernaut au 13h de TF1. Le sujet d'hier : la prise de conscience écologique. Les journalistes nous ont déniché une petite famille du Cantal, tout ce qu'il y a de présentable. Lui travaille pour un labo pharmaceutique, elle est institutrice, trois enfants, une maison à crédit. La famille française, quoi. Sauf que c'est la famille française, consciencieuse, citoyenne, première de la classe. C'est bien. Et non pas que je ne m'intéresse pas à la vie quotidienne de mes concitoyens, mais un plan large sur ce qui a été fait - et surtout pas fait - en matière politique sur le sujet, sur ce qui reste à faire, sur la manière de le faire, pourquoi, comment... Enfin une vision plus globale m'aurait mieux contentée. Mais je suis peut-être difficile. |
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