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On adore, on déteste... La télé en toute subjectivité.
La Commune : une légère critique
Après cette digression, revenons à mon sujet du jour, les deux premiers épisodes de La Commune. Vous avez dû lire (et sinon je vous encourage à le faire), dans la partie magazine de la zone télé de Fluctuat, une critique enthousiaste de la série ainsi qu'une interview intéressante de son auteur. Et, nombre des points évoqués sont tout à fait justifiés : La Commune représente une réelle bouffée d'oxygène dans la fiction française et j'ai envie d'ajouter pour une fois. Sauf que... La Commune est, par moment, un remix de toutes les bonnes séries américaines depuis 1996. On y trouve Oz (le narrateur), bien sûr, mais aussi, The Wire (les enjeux politiques), du New York Police Blues (qui a démocratisé - en mal - le tournage style caméra à la main), des flics ripoux version The Shield et le tout avec une dose de West Wing puisqu'il est fait allusion dès le second épisode au président à laquelle s'ajoute des velléités ministérielles pour certains personnages de la série. Mais tout ce bric à brac mis bout à bout donne finalement peu d'unité à la série. Le pire étant peut-être l'équivalent français du coryphée de Oz où sont pompés les valeurs de plans et le jeu des diapositives projetées sur les murs derrière lui. Le problème, c'est que ce qui était révolutionnaire en 1996 (date de la première diffusion de Oz), rate son effet en 2007 où l'innovation visuelle reprise ici paraît bien fade.
Répétons-le, quand même, il y a du bon et du très bon dans La Commune, mais cela ne reste qu'un remix de dix ans de HBO mouliné au hachoir. La série est certes réussie, mais ressemble par moment à un mauvais décalque. (crédits photos : Lahcene Abib / Canal+ / Tetra media) Mise à disposition de temps de cerveau L'Union Européenne discute en ce moment de l'avenir de la publicité à la télévision, ou plutôt de l'avenir de la télévision qui serait la publicité.Dans le cadre des discussions sur la directive "Télévision sans frontières", les ministres européens de la Culture se sont mis d'accord sur les grandes lignes d'un texte qui doit fixer des règles communes pour les télévisions européennes. Point d'achoppement : la publicité. Les normes en matière de coupure pub vont changer, pour pouvoir, bien sûr, en caser plus. La règle actuelle : des coupures toutes les 30 minutes sauf pour les films et documentaires, toutes les 45 minutes. Le nouveau texte prévoit une fréquence ramenée à 30 minutes pour tous les programmes, sauf le divertissement et le sport qui eux échappent carrément à toute règle. Un garde-fou : la pub ne pourra dépasser 20% par heure de diffusion. Ce qui ferait 12 minutes de pub par heure. Pour un film de deux heures, ou pourrait donc se retrouver avec 24 minutes de lavage de cerveau sur la dernière bagnole ou la margarine aux Omega3 dont personne ne sait toujours ce que c'est.Avez-vous déjà eu l'occasion de regarder la télé aux Etats-Unis ? C'est inregardable. La commissaire européenne en charge du sujet exclu toute américanisation de la télévision européenne, mais il ne suffit pas de la dire et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle justement ce fait. Certes la pub fait vivre, mais trop de pub nuit gravement à la santé (mentale). Le JT de France 2, nouvelle formule ? Y-a-t-il une nouvelle formule, nouvelle ligne éditoriale au 20h de France 2 ?David Pujadas reçoit donc ce soir, mais ce ne sera pas le premier pipol de la semaine. Hier mardi, il recevait tout d'abord qui expliquait avec son franc-parler habituel la décision de justice rendue par la cour de cassation, annulant l'arrêt de la cour d'appel qui avait statué en sa faveur... bref, les éternels déboires juridiques de Tapie, qui ne sont pas le sujet ici. ![]() Mais ce n'était pas tout. En fin de journal débarque la belle mais insupportable , venue faire la promo du film de Manuel Pradal, Un Crime, dans lequel elle partage l'affiche avec Harvey Keitel. Toujours très lyrique la Béart, elle ne convainc pas pour autant, pas moi en tous cas. Grosse affiche donc pour le 20h de Pujadas, dans lequel les invités sont de plus en plus nombreux. La venue récente de Johnny était un grand moment d'ailleurs, mais ça, c'est l'effet Johnny. A part le pipol, un peu d'actu tout de même, avec la Corée du Nord qui nous fait des petites frayeurs mais apparemment tout va bien, elle n'est pas assez menaçante pour faire l'ouverture du journal, occupée par l'affaire des bébés congelés, puis le tueur en série de Mulhouse. Et puis, entre deux interviews, le nouveau concept de la rédaction, le "portrait de France". Année électorale oblige, France 2 a décidé de se pencher sur ce qui a changé ces douze dernières années - l'ère Chirac - dans la vie des Français. Idée fort louable, potentiellement intéressante. Mais traitée à la façon Jean-Pierre Pernaut au 13h de TF1. Le sujet d'hier : la prise de conscience écologique. Les journalistes nous ont déniché une petite famille du Cantal, tout ce qu'il y a de présentable. Lui travaille pour un labo pharmaceutique, elle est institutrice, trois enfants, une maison à crédit. La famille française, quoi. Sauf que c'est la famille française, consciencieuse, citoyenne, première de la classe. C'est bien. Et non pas que je ne m'intéresse pas à la vie quotidienne de mes concitoyens, mais un plan large sur ce qui a été fait - et surtout pas fait - en matière politique sur le sujet, sur ce qui reste à faire, sur la manière de le faire, pourquoi, comment... Enfin une vision plus globale m'aurait mieux contentée. Mais je suis peut-être difficile. |
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