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Parce que la politique se montre et se joue beaucoup à la télévision, on parle politique sur le blog télé.
La Cuisine de Nicolas : politique de la cuisine, et cuisine de la politiqueCa nous avait totalement échappé ici - c'est mal - mais après vérification même Le Monde en avait parlé. Donc on se rattrape : La Cuisine de Nicolas, vous connaissez ? "Quand on a un président comme le nôtre (pas Lenôtre, l'Autre, le vôtre aussi), on n'est pas très souvent d'accord avec lui, mais il y a une chose qu'on doit lui reconnaître, c'est qu'il nous inspire". Ainsi commence la présentation du concept de La Cuisine de Nicolas, série exclusivement sur le web qui a démarré le 6 mai dernier (oui, je sais, en web-années ça fait bien 17 ans), écrite et auto-produite par les scénaristes Emmanuel Sardou et Vincent Solignac. Au menu de cette satire politique qui a le sens de l'absurde : une Marianne hystérique, un cuistot chiraquien, un sommelier mitterrandien, un huissier gaulliste, un plongeur clandestin, Jean de Neuilly et, bien sûr, l'Autre : Nicolas Sarkozy. Comme quoi, si vous ne vous êtes toujours pas remis du traumatisme du 6 mai 2007, vous n'êtes pas seul. Teaser : Pas toujours hillarante mais au moins rafraîchissante, cette web série compte pour l'instant neuf épisodes. Manque le financement pour poursuivre l'aventure. (Via Telerama)
Jesse Jackson apprend la communication 'the hard way'Aux Etats-Unis, il y a aussi des vidéos off qui circule. Ainsi, l'atroce Bill O'Reilly a diffusé au court de son show d'info (The O'Reilly Factor) cet extrait où le Révérend Jesse Jackson se plaint que Barack Obama tire vers le bas le peuple noir américain et qu'il aimerait bien lui couper les couilles. Selon O'Reilly, il a même dit pire mais ne le montre pas afin de ne pas embarrasser Jesse Jackson. Depuis le révérend a présenté ses excuses au sénateur en course pour l'élection présidentielle (oui, en France, quand un Devedjian traite une Comparini de salope, ça n'entraîne pas d'excuse publique, on n'est pas des chiffes-molles, nous, quoi, merde). Tous contre un, seul contre tous
71% des Français sont hostiles à la nomination du président de France Télévisions par l'exécutif (selon un sondage publié dans Le Parisien hier), comme annoncé par Nicolas Sarkozy lors de la remise du rapport Copé. Sept Français sur dix, un sympathisant UMP sur deux. Ca suffit ou il faut viser l'hostilité de la totalité de la population française pour faire machine arrière ? Mais notre président, il est un peu comme Patrick Poivre d'Arvor, il n'a "jamais eu l'échine souple" - selon les mots de PPDA, dans un entretien fleuve à Paris Match dégoulinant de narcissisme et d'auto-satisfaction (à lire si vous ne vous souvenez plus de la dernière fois qu'un magazine vous est tombé des mains). Sarkozy se tourne les pouces (mais il a libéré Ingrid B.)Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Ingrid Betancourt, l'otage française qui a fait plus pour le rayonnement de la France en Colombie que Sarkozy pour la ratification du traité de Lisbonne (oh, ça va, si on peut plus déconner...) a été libérée.
Bref, le gouvernement français (et d'une façon générale, tous les gouvernements français successifs depuis six ans) ont considérablement œuvré pour sa libération nous a-t-on dit, et il fallait bien que Nicolas Sarkozy nous en parle à la télévision. Voici les images prises de la déclaration enregistrée par les caméras de l'Elysée avec la famille d'Ingrid Betancourt tout autour (sa sœur et ses enfants). Et maintenant, peut-on se permettre un soupçon de mauvais esprit (je vais me gêner, tiens). Regardons le président de la République qui va se placer derrière la fille d'Ingrid Betancourt (à 4 minutes 30), il trépigne, s'énerve un peu et c'est plus lui qui parle, donc ça l'intéresse drôlement moins. "Où est-ce qu'on se met ? Non venez, vous ! Vous serez dans le champ ! Tiens, le petit viens par là, ce sera plus télégénique". Il tourne ses pouces dans le vide, il regarde le plafond : "Tiens c'est joli... Merde, j'avais pas vu ce dégât des eaux". Je sais pas si le caméraman s'en aperçoit, toujours est-il qu'il resserre le plan pour ne plus cadrer en plan serré que le président et Mélanie Delloye-Betancourt. Et puis, à 6 minute 04, alors que le discours vire un peu dans le tragique ("et on n'oublie pas ceux qui n'ont pas pu revenir parce qu'ils ont trouvé la mort pendant ces années"), le président regarde avec tendresse vers la tante et l'enfant qu'elle enserre, la caméra va glisser vers lui et zou, on élude la jeune Betancourt. En plus, le sourire présidentiel est pas trop raccord avec la voix qui sanglote. Et pour les images, c'est plus fun un sourire. Et qui a besoin de voir Mélanie de toute façon ? Mais n'oublions pas le beau Kouchner qui est à l'arrière-plan et que personne ne voit, alors à 9 minutes 02, il se dit : "elle sont pas mal mes godasses, finalement, j'ai bien fait de les prendre en quarante-quatre" tandis que Sarkozy continue de se tourner les pouces (au sens propre, hein) : "Pfff... fais chaud, faut vraiment qu'ils réparent la clim' dans cette salle". Allez, je crois bien que je vais me faire enflammer dans les commentaires. Merci à Raph d'avoir pointé du doigt ces quelques instants mémorables. Vidéo off de Sarko : France 3 attaque Rue 89 (et se ridiculise)L'ami Romain vous proposait ce matin la fameuse "vidéo off " de Sarkozy sur France 3 et initialement récupérée par Rue 89. Dans un edito-déonto, Haski fustige cette démarche inquisitrice de France 3 qu'il met sur le compte des pressions subies par la chaîne depuis la diffusion de la vidéo. France 3 fait surtout une énorme erreur. Evidemment l'info est reprise par de nombreux médias - ce que nous faisons nous mêmes là - et la vidéo, reprise par des centaines de sites et blogs, a déjà été vue plus d'un million de fois. La chaine se ridiculise en jouant les auxiliaires de police et l'Elysée s'il est à l'origine de cette démarche est tout aussi mal inspiré. La société des journalistes de France 3 est montée au créneau et son directeur de la rédaction se serait déjà désolidarisé de sa direction. Et que nous dit-elle cette vidéo ? Que le visage avenant et lisse du spectacle de l'info télé masque des rapports de force plus tendus et des attitudes moins souriantes. Tout cela normalement c'est gentiment off, mais ça fuite de plus en plus et au vu des efforts promotionnels entrepris par certains "conseils" , la vidéo affichera bientôt tranquillement ses 20 millions de visites. Du coup on vous la repasse nous aussi : Patrick de Carolis rompt le silence
Best of : "La télévision, c'est un métier. Il faut qu'on laisse travailler les professionnels. Depuis trois ans, nous nous efforçons de faire une télévision respectable, et j'entends qu'elle soit respectée." "Faux, stupide et profondément injuste" à propos du jugement porté par Nicolas Sarkozy sur la télévision publique, qui ne se distingue pas assez des chaînes privées. "Si je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, je dirai stop". Carolis n'est pas loin du crime de lèse-majesté, et pourrait bien rapidement le payer. Traduction de ses propos : 1) le président est un amateur, qu'il laisse faire les professionnels. 2) il se trompe, il est stupide et injuste. 3) je pourrais bien démissionner avant de lui laisser le plaisir de me virer. Le président de France Télévisions doit-il démissionner ? Doit-il attendre de se faire virer ? Une démission apparaîtrait-elle comme un acte lâche ou courageux ? Difficile position que celle que doit assumer Carolis qui doit néanmoins après sa sortie de ce matin se sentir un peu plus léger. (illus. MEIGNEUX/SIPA) Et la pub ne fut plus... et l'indépendance de France Télévisions non plusMiracle sarkozien : dès le 1er janvier prochain, 20h (20h25, après le JT), nos yeux fatigués ne seront plus sollicités par la publicité. Tout juste un petit sponsor avant la météo. Merci qui ?
On va pas se laisser emmerder par quelques autorités administratives indépendantes. Ni par une opinion publique qui doit désormais digérer (et d'abord réaliser peut-être) le fait qu'elle va payer de sa poche la suppression de la pub, les opérateurs taxés ayant évidemment déjà prévenu qu'ils reporteraient l'addition sur les factures des abonnées. Et qu'elle peut dire adieu à l'indépendance du groupe audiovisuel public, dont le président sera choisi par le pouvoir politique, et dont le financement dépendra entièrement du bon vouloir du même pouvoir politique. Et là vous vous dites peut-être que tout compte fait, c'était pas si terrible de prêter quelques minutes par jour son cerveau à Coca-Cola. (illus. crédit Witt/Sipa) Le rapport Copé : un montage financier digne de Brazil
Les points sensibles ont été en grandes parties évoqués lors des rapports d'étapes, mais pour le plus sensible de tous - le financement - les idées se sont affinées. Le manque à gagner est évalué à 450 millions d'euros par an. Pour arriver à ce chiffre (loin de faire l'unanimité, certains parlant plutôt de 1,2 milliards d'euros) voici le système imaginé : Ce qui fait dire à Pascal Rogard, directeur de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) : « Le montage financier est une addition de mesures qui me fait penser au film Brazil de Terry Gilliam. En réalité, le rapport Copé a trouvé le moyen de faire payer aux Français un impôt invisible. J'ai toujours dit que la décision de supprimer la publicité de la télévision publique avait un coût : elle ne peut se faire sérieusement qu'en augmentant la redevance, comme le montre le modèle allemand ou britannique. » De manière générale, les réactions des professionnels du secteurs sont peu enthousiastes, voire carrément méfiantes. Sarko voudrait-il flinguer France Télévisions ? ll n'a sans doute aucune idée de ce genre derrière la tête, mais en remontant le fil des événements, il est permis de s'interroger. Vous pouvez lire l'avant-dernière version du rapport que Le Point a obtenue, en ligne ici. Sachant que seul le président de la république a entre ses mains le rapport faisant foi. Le feuilleton sur l'avenir de la télévision publique est loin de s'achever, tout juste est-on en train de conclure la première saison. Ne manquez pas le prochain épisode.
(illus. montage impertinent de Rom) Nouvelle grève de l'audiovisuel public
Et finalement, que sait-on ? Que l'augmentation de la redevance n'est pas à l'ordre du jour pour Sarkozy alors qu'elle fait partie des préconisations de la commission. Qu'une indexation sur l'inflation serait toutefois à l'étude et que même le président pourrait l'accepter. Que d'ici septembre 2009 la publicité sera supprimée après 20 h sur les chaînes publiques et que la disparition sera définitive en 2012. Que plutôt que de trouver de l'argent, Copé et sa commission ont pensé à réduire les dépenses (vaste débat qui date... mon Dieu ! des années soixante...), notamment en réduisant le nombre d'antennes locales de France 3 de treize à sept. Que les revenus publicitaires de France Télévisions ont chuté de 21% depuis janvier. Mais que Christine Albanel a promis qu'il n'y aurait aucune suppression d'emploi chez FTP (France Télévisions Publicité). Que Copé pense taxer les fournisseurs d'accès à internet et les chaînes privées. Et que Bertrand Méheut, PDG de Canal+, considère que les télés privées n'ont pas à financer le service public. Dans une interview donnée au Figaro, ce dernier calcule que "la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20 heures entraînera un manque à gagner de seulement 100 millions d'euros pour l'année 2009, puis de 250 millions en année pleine à partir de 2010". Il précise sa pensée : "chaque année, France Télévisions dépense 2,7 milliards d'euros ; ce groupe a donc une marge de manœuvre suffisante pour trouver l'essentiel des 100 ou 250 millions en faisant des économies". Mais pour Bruno Beliat, directeur des études et de la communication à FTP, c'est 800 millions par an que la société apporte au budget de France Télévisions. De son côté, l'intersyndicale de l'audiovisuel public dénonce la commission Copé. il s'agit, pour elle, d'"une opération de camouflage du démantèlement de l'audiovisuel public au profit du secteur privé". Son communiqué continue : "dans un premier temps, le statut de chaîne nationale de France 3 est sacrifié, en attendant le démantèlement de l'ensemble de l'audiovisuel public". Cette grève fait suite au précédent mouvement du 13 février qui avait été le plus suivi depuis les grèves provoquées par l'éclatement de l'ORTF en 1974. Sources : Libération, Le Figaro, AFP. Après moi le délugePatrick Poivre d'Arvor par ci, PPDA par là, la fin d'un présentateur de JT, ça remue tous les Français, et c'est le pays entier qui vit la fin d'une époque.
«La brutalité de cette décision est d'autant moins compréhensible que je pense avoir accompli ma tâche, durant plus de vingt ans, avec dignité, professionnalisme et une efficacité qui a permis à TF1 de devancer tous les soirs, sans exception, une concurrence talentueuse.» Il fait part ensuite de ses inquiétudes quant à l'avenir de certains de ses confrères, et de l'indépendance de sa chaîne (!). Voilà comment Poivre d'Arvor part en martyr, son aura plus brillante que jamais, auréolé de l'impertinence (! bis)) qui aurait provoqué son licenciement, se posant en victime du pouvoir politique. Jolie sortie. Canal+ voudrait d'ailleurs lui parler. Il faut dire qu'avec Sarko qui n'est pas seulement président de tous les Français mais également président de chaîne de télé, la paranoïa est permise, tant ses liens avec l'audiovisuel en général et TF1 en particulier sont serrés. Nicolas Sarkozy et TF1, une histoire d'échanges de bons procédés. (illus. NIKO/LORENVU/NIVIERE/SIPA) Bourde à la télé : McCain, le nouveau Bush ?Posté par Rom le 06.06.08 à 08:07 | tags : télé et politique
Le soir même où Obama remportait les primaires démocrates, John McCain a donné un discours un peu mou (en termes de dynamique oratoire, je ne parle pas du contenu politique que je serai bien en mal d'analyser). Ce n'était pas une bonne idée, parce qu'Obama lui a carrément volé la vedette (non mais dites donc, jeune homme ! de mon temps, on laissait la place aux personnes âgées). Plus intéressant, il propose cette mesure pleine de bon sens en cas de désastre humanitaire :
Oui, il faut donner des bouteiles d'eau chaude aux enfants déshydratés. Très bonne idée. Evidemment, il fallait comprendre "de l'eau bouillie", mais à 71 ans (et 1 173 pages de rapports médicaux qui couvrent les huit dernières années), la mémoire est faillible. Bon, en même temps de l'eau chaude ou de l'eau bouillie, c'est un peu pareil. Dans tous les cas, les microbes ne sont plus là. Mais si McCain s'approche de votre enfant avec une bouteille : courez. La pression tombe dans les rédactions USPosté par Rom le 05.06.08 à 06:59 | tags : télé et politique
Barack Obama est le vainqueur des primaires démocrates au terme d'une bataille de plus de six mois - l'une des plus longues que le parti n'a jamais connu. Alors quand le nom de l'adversaire de John McCain arrive enfin, la pression pour les journalistes retombe et on commence à plaisanter un peu grassement, mais toujours avec bon goût comme dans cet extrait avec Anderson Cooper, journaliste de CNN. Quand il demande à Donna Brazile (auteur, éducatrice et membre influente du parti démocrate) - à droite - si elle a entendu Barack Obama promettre de parler avec Hillary Clinton, celle-ci lui confirme qu'il l'a dit à tout le monde. Anderson lui répond qu'il n'était pas au courant. Donna Brazile, du tac au tac, plaisante alors: "You're not my boo" ("vous n'êtes pas mon régulier" pourrait-on le traduire, boo signifiant "petit ami" de façon familière selon UrbanDictionary). Anderson enchérit : je veux être votre régulier !
Bon, mais en réalité, ce qui est drôle dans cet extrait, pour nous autres franchouillards, c'est que tous les autres journalistes partent dans un fou rire communicatif et qu'au milieu de ce brouhaha, l'un d'eux a des accents sonores proches du rire de Dominique Farrugia, non ?... non ?... tant pis. Via Perez Hilton. Ah oui, et je sais, la vidéo date du 3 juin : la proposer, c'est "ré-enfoncer des portes (déjà) ouvertes", alors si vous la connaissiez, ne lisez pas ce billet - merde, j'aurais dû écrire ça au début, là, c'est trop tard ! Damned ! Monsieur Copé et la lisibilité"Le message de leur départ sera tout à fait illisible. (...) Je ne sais pas qui va comprendre qu'ils soient absents".
Si monsieur Copé a sans aucun doute bien des soucis à se faire, entre poursuivre le travail qui lui a été confié par the boss, parvenir à une solution à laquelle plus grand monde ne croit encore, et ne pas passer pour un idiot en raison des interventions mal venues du même boss, il peut se rassurer sur les problèmes de lisibilité de la décision des membres sortant de sa commission. On a bien compris, merci. (source Le Figaro et Satellifax) Le Bingo des chaînes privées s'appelle Sarkozy On n'en finit plus de parler de la suppression de la publicité à France Télévisions. Savoir qui cela intéresse est une question subalterne qui ne passionne personne. Pourtant, Les Inrocks rappelait il y a quelques semaines un sondage où l'on découvrait que seule une personne sur trois avait conscience du statut de chaîne privée de TF1.Dans ce paysage audiovisuel en déconfiture, nous avons donc d'un côté un service public en pleine asphyxie (productions reportées, signature de contrat pour la rentrée retardées, films annulés) et, de l'autre, des grandes chaînes privées en mal de résultats (comme TF1 dont le dernier bilan n'a pas été à la hauteur des attentes de ses actionnaires). Comment concilier la disparition de la télévision publique en faisant un cadeau à ses meilleurs amis (Bouygues, Bolloré) tout en dégommant sur orbite un porte-parole chiraquien (Jean-François Copé) et en s'arrangeant pour que l'on croit que l'Etat œuvre positivement afin de proposer des chaînes publiques de meilleure qualité sans coupure publicitaire ? En s'appelant Nicolas Sarkozy. Sur France Inter, ce matin, Jean-François Copé expliquait qu'il était nécessaire d'autoriser une deuxième coupure publicitaire pour les chaînes privées puisqu'il fallait bien que les recettes publicitaires dont ne pourrait pas bénéficier France Télévisions soient reportées « mécaniquement » à TF1 et M6. Dans un entretien à Europe 1, repris par le site du Nouvel Observateur, il déclarait - sans la moindre trace d'humour - « [qu']il n'est pas question que les télévisions privées soient appauvries, si on n'augmente pas les espaces publicitaires pour accueillir la publicité supprimée ». On aimerait bien demander à Jean-François Copé en quoi l'argent « interdit » de la publicité qui va manquer à France Télévisions pourrait provoquer de quelque manière que ce soit un « appauvrissement des chaînes privées » ? Comme le dit mon grand-père : « on marche sur la tête, là ». « Bah oui, mais cette seconde coupure publicitaire, c'est pas pour faire des cadeaux, c'est pour se mettre en conformité avec une directive européenne de 2007 » expliquent avec une certaine ambiguïté nos dirigeants. « Vous comprenez bien : on est pieds et poings liés avec l'Europe. Rhalala, c'est pas qu'on voudrait pas, mais faut bien qu'on soit réglo avec Bruxelles ». On n'avait pas vu un gouvernement français aussi volontaire à l'idée de se soumettre à une décision européenne depuis bien longtemps. Payer plus pour regarder mieuxQuand Didier Porte parle de ce qu'on appelle dorénavant le "Mercato de France 2", il ne manque pas d'assurer qu'ils sont nombreux à bien vouloir que l'on augmente la redevance télé pour une télévision publique de qualité. Et il n'y a qu'à voir les promesses de contrat : Jean-Luc Reichmann, Julien Courbet ou encore Patrick Sabatier sont prévus pour la rentrée de France Télévision. Voilà de la qualité ! La chronique a été diffusée jeudi dernier sur France Inter pendant l'émission du matin : De son côté, Jean-François Copé s'est attelé à la rédaction de son nouveau livre :
TF1, l'as de la finance
"Public". Ce terme change tout. France 24, c'est le fruit d'une alliance entre TF1 et France Télévisions - d'après une bonne idée de Jean-Pierre Raffarin. TF1 veut donc vendre ses parts et se retirer définitivement de cette affaire, dans laquelle elle n'était entrée que pour empêcher la diffusion de la chaîne sur le territoire français, afin de ne pas faire concurrence à sa petite LCI. Sachant que TF1 avait investi 18 500 euros pour entrer au capital de la chaîne en 2006, si l'Etat lui rachète ses parts au prix demandé, ce sera sans doute la plus belle plus-value de l'histoire de la finance. Investissez donc dans France 24, l'avenir de vos enfants est assuré ! (source Le Point)
La commission Copé, RIP
Sarko voudrait flinguer l'audiovisuel public - sans éclaboussure sur sa popularité - qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Allez, encore un petit mois avant la remise du rapport de la commission agonisante, souhaitons bien du courage à ses membres restants.
Le message subliminal de la FoxLa Fox veut que ses téléspectateurs votent John McCain, et ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Faute de pouvoir trop explicitement prendre parti, il semblerait que Fox 5 News, filiale de la très conservatrice chaîne américaine, ait inséré une petite image subliminale du candidat républicain et de sa femme dans son générique. Un YouTuber l'a découvert en passant la scène image par image : Il faudrait repasser les génériques de la Fox depuis 1999, on comprendrait peut-être comment W a été élu, deux fois. Starko de Karl ZéroSaviez-vous que 72 bouquins sur Sarko sont sortis en un an, soit environ 1,4 par semaine ? Ce qui ne compte évidemment pas la couverture média de base, télé-radio-presse-web - et là on a arrêté de compter depuis bien longtemps. Karl Zéro fait partie des personnes atteintes de la sarkomania puisque, après son étrange Ségo et Sarko sont dans un bateau, il sort Starko, un documentaire consacré, on s'en doute, à Nicolas Sarkozy. Comme d'habitude, le machin semble mêler images réelles et montage, récit et anecdotes loufoques, racontées par l'imitateur Michel Guidoni prenant la voix du président. Extrait :
L'autre 8 mai 1945 - documentaire sur France 2Fin avril, l'ambassadeur de France en Algérie a déclaré que le "temps de la dénégation" des massacres perpétrés par la colonisation "est terminé". Et a mentionné plus particulièrement les "épouvantables massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, et de la "très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière". Si vous ne savez pas de quoi il parle, regardez jeudi sur France 2 L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie. Alors qu'en France le 8 mai est un jour de fête, célébration de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie (et accessoirement un jour ferié ce qui ne gâche rien), de l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie, le 8 mai 1945 a de tout autres échos. Dans la joie quasi chaotique de la victoire, des Algériens - qui y ont largement participé - veulent croire en la reconnaissance de la France et revendiquent leur indépendance. S'en suit une violente répression de la part des autorités françaises, qui fera des milliers de victimes. Historiquement, ce 8 mai 1945 marque un point de non retour qui débouchera 9 ans plus tard sur la guerre d'Algérie. C'est ce que montre L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie, documentaire de Yasmina Adi diffusé ce jeudi 8 mai dans la collection Infrarouge sur France 2. Le 23 février 2005, une loi française demande que les pogrammes scolaires enseignent "le rôle positif de la précense française en Afrique du Nord". Entraînant de vifs débats, et pour Yasmina Adi, l'envie d'apporter un éclairage sur cette proposition hallucinante à travers cet épisode noir de l'histoire franco-algérienne absent des manuels scolaires. Pour ce faire, elle a mêlé images d'archives françaises (déclassées justement en 2005), anglaises et américaines, de nombreux témoignages d'historiens et de protagonistes français et algériens, et le récit d'un reporter de guerre américain, le premier arrivé sur place, dont voici un extrait : Un document d'utilité publique pour restaurer la mémoire de cet autre 8 mai 1945, et comprendre un peu mieux les débats qui secouent régulièrement les historiens et hantent la société. L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie, documentaire de Yasmina Adi (52') inédit, diffusé le 8 mai 2008 en troisième partie de soirée sur France 2. (Le site du film) Mai 68 pas à pasPosté par Rom le 03.05.08 à 13:17 | tags : télé et politique
Aujourd'hui, nous vous encourageons, si vous ne le faites pas déjà, à parcourir les derniers billets de l'excellent blog Politique de Flu qui proposent un Jour Après Jour de Mai 68 avec en prime et en partenariat des vidéos d'époque fournies par l'INA. De quoi approfondir le sujet et mieux comprendre comment ces jours se sont déroulés. D'autant que cette succession d'articles prouvent que malgré un rabâchage fatigant, le sujet peut s'avérer passionnant. Par ici pour le premier mai. Quelle télé publique voulons-nous ?
Nous en avons déjà pas mal parlé, souvent avec ironie, mais la chose est sérieuse et amène à s'interroger réellement sur cette question : qu'attendons-nous de la télévision publique ? Qu'elle continue de tenter de résoudre l'impossible équation concurrencer TF1 avec moins de moyen et des "programmes de qualité" (du moins pour le cas France 2), qu'elle se concentre sur l'aspect "programme de qualité" à l'image de la très louable Arte, renonçant à toute ambition réellement populaire ? Qu'elle se donne les moyens de produire de manière indépendante et sans les contraintes des chaînes privées des programmes originaux, intelligents, qui fidélisent un large public ? Avec l'exemple de la BBC en ligne de mire, c'est-à-dire une télé sans pub, financée essentiellement par la redevance mais aussi par la commercialisation des DVD ou la vente des droits de ses programmes - le plus souvent fabriqués maison. Pour ça, il faut des moyens, et la commission Copé est loin de les avoir trouvés. Tous les membres de cette commission ont dû discuter de la solution la plus évidente et la moins populaire : augmenter la redevance. Sauf son président qui a le soucis de respecter les engagements de campagne du candidat Sarkozy et de préserver l'aspect politique de la question. Car personne n'est pour payer plus cher pour la télévision publique. Ceci n'est pas une question rhétorique, vous pouvez y répondre ici ou sur le forum télé publique. Le SAV de la réforme de l'audiovisuelC'est bien beau de lancer des grands projets de réforme, encore faut-il les assumer.
Pour l'instant, on n'a parlé gros sous que pour compenser les pertes déjà (pré)visibles de recettes publicitaires pour le groupe public, l'annonce du président en début d'année ayant pas mal refroidi des annonceurs toujours frileux. 150 millions d'euros. Mais cette somme serait versée sous la forme d'une dotation en capital, et ne viendrait pas grossir le chiffre d'affaires de France Télévisions. Et, comme l'explique Libé beaucoup mieux que moi, c'est en fonction du chiffre d'affaires du groupe que sont fixées ses obligations de production, qui baisseront donc malgré tout. Le problème des producteurs (qui auront moins d'argent pour moins de programme), et donc en fin de compte des téléspectateurs, reste entier. Enfin, tous les secteurs évoqués pour mettre la main à la pâte et compenser les pertes de revenus publicitaires (opérateurs câble et télécom, chaînes privées) ont tous crié au scandale. Sans blague. L'augmentation de la redevance est extrêmement impopulaire. Evidemment. La quadrature du cercle somme toute. Pas évident à assurer comme service après-vente. Et là on sentirait bien une blague sur les vendeurs de chez Darty mais, par respect pour eux, nous nous abstiendrons. Omar et Fred en campagne pour ObamaDepuis le 1er avril et jusqu'à ce lundi, Omar et Fred étaient à Chicago où ils suivaient le candidat Barack Obama - ils font partie de son comité de soutien. Ils ont envoyé leurs photos de voyage à Télé7 (notamment la "baraque à Obama" haha!), qui a créé un blog rien que pour ça. Les comiques du SAV ont visiblement attendu quelques jours avant d'avoir les honneurs du sénateur de l'Illinois. Mais voilà (pour la 1ere c'est un peu "cherchez Charlie") : ![]() ![]() Ils sont tout de même allés plus loin que des simples photos de touristes, et ont participé à une réunion de travail avec Obama. Il n'y a pas que la déconne dans la vie. (merci Jasm1 !)
Ma télé publique : partageons nos idées, mais pas trop"Et si on partageait nos idées ?" Ainsi Jean-François Copé nous invite, sur son blog hébergé sur le nouveau site matelepublique.fr (un beau site, au graphisme tout ce qu'il y a de plus moderne...), à participer au débat qui s'est ouvert en début d'année lorsque Nicolas Sarkozy a lâché sa bombe.
L'avenir de l'audiovisuel est entre de bonnes mains. |
Discussions en cours sur le forum télé :
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