Né à Vancouver au Canada d'un père diplomate, Nicolas Demorand a traversé les continents : Amérique, Asie, Europe et Afrique. Sa formation initiale universitaire - il est agrégé de lettres modernes et licencié de philosophie - le conduit à l'Ecole Normale Supérieure après laquelle il exerce le métier de professeur en lycée professionnel ainsi qu'en classes préparatoires.
Passionné par le journalisme, il se définit comme « bouffeur de médias ». Sa carrière débute avec le Gault & Millau où travaille déjà son grand frère, Sébastien, ex-reporter d'Europe 1, ainsi qu'aux
Inrockuptibles. Il entre à Radio France en 1997 à force de persévérance et commence sa carrière en collaborant à plusieurs émissions de France Culture avant de se voir confier la tranche matinale,
Les matins de France Culture, à partir de septembre 2002. Remarqué par la direction pour son sens de l'analyse ainsi que son mordant, il est récupéré par France Inter en septembre 2006 en remplacement de Stéphane Paoli.
Son style, encore une fois, le fait repérer par les dirigeants des chaînes de télévision. Pressenti un temps pour animer une émission culturelle deux fois par mois sur France 2, le contrat ne sera pas conclu : selon la chaîne, ses demandes salariales ont été jugées « obscènes », ce que Nicolas Demorand a réfuté très clairement.
Attendu à
La Matinale de Canal+, il animera finalement la tranche 18-20 d'i>Télé du lundi au vendredi en remplacement de
Thomas Hugues qui, lui, part pour France 5.
Homme versatile, cultivé et dynamique, Nicolas Demorand n'a pas que des amis dans le monde de la radio où des histoires circulent sur ses méthodes de « petit judas », notamment lors du renvoi par
Laure Adler du chroniqueur
Miguel Benasayag jugé « trop militant et engagé ».
Enfin, peut-être trop arrogant et sûr de lui, il déplaît à certains auditeurs de France Inter qui critiquent ses méthodes d'appropriation du temps d'antenne, notamment au cours de la tranche « Inter'Activ », quinze minutes de libre antenne où n'importe qui peut poser des questions à l'invité du jour.
Acrimed, site d'observation des médias, analyse avec précision ce phénomène et constate que, sur une période de dix jours, 170 questions ont été posées dont 110 par Nicolas Demorand.
Comparé par ces détracteurs à un caniche, à un rottweiler ou à un âne, Nicolas Demorand aboie beaucoup, mais frappe souvent juste et n'hésite pas à travailler au corps ses intervenants jusqu'à obtenir d'eux une réponse claire et précise.
S'il se déclare « fou de joie » à l'idée de débuter à la télévision, la direction de France Inter reste dubitative et s'inquiète de la boulimie de son animateur fétiche et de la fatigue potentielle que risquent d'amener ses deux tranches de direct (7-10 à la radio et 18-20 à la télévision).