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Nationalité : française Naissance : 09 mai 1939 Mort le : 18 avril 1988 Métiers : Humoriste, écrivain, Animateur |
Pierre Desproges, maître de l’humour noir et du cynisme a eu une carrière (trop) courte mais dense. Pendant une longue décennie, il a passé au crible de son esprit féroce et de sa plume acide la politique, la médecine, la mort, qui le guettait, la religion, la société, le temps, le monde entier et lui-même itou. On ne le sait pas forcément mais il a été vendeur d’assurances-vie, enquêteur à l’IFOP, auteur de romans-photos ( !), pronostiqueur et journaliste à l’Aurore.
« Bonjour ma hargne, salut ma colère et mon courroux… coucou ! » Pendant des mois, il a commencé ses plaidoiries réjouissantes, par cette phrase, dans l’hilarant Tribunal des Flagrants délires, sur les ondes de France Inter. Une parodie de tribunal qui réunissait Pierre Desproges, Claude Villers et Luis Rego.
Entre 1975 et 1977, il rejoint l’équipe du Petit Rapporteur de Jacques Martin, aux côtés de Daniel Prévost. Il fait sa première apparition sur scène dans un spectacle de Thierry Le Luron, à l’Olympia, avant de faire sa première partie à Bobino. La radio enfin le fera connaître du grand public. Sur France Inter, il est de la bande des Saltimbanques à Jean-Louis Foulquier, et du Tribunal des Flagrants Délires, aux côtés de Claude Villers et Luis Rego.
En 1982, Desproges distille aussi ses conseils dans La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, sur FR3 (il prend ainsi la succession des Bons conseils du Docteur Corbiniou). C’est en 1984 que Pierre Desproges livre son premier one-man show. L’histoire dit qu’il aurait lui-même rédigé la dépêche annonçant sa mort. « Pierre Desproges est mort d’un cancer. Etonnant, non ? » Depuis sa disparition, en 1988, le public se console en lisant ses bouquins, précieux et hilarants. Parmi les plus brillants, Chroniques de la haine ordinaire, Vivons heureux en attendant la mort, Dictionnaire superflu à l’usage des élites et des bien nantis, Manuel de savoir-vivre…
Si on veut rester atrocement contemporain, il faut noter que l’humour de Desproges sonne comme un anti-Bienvenue chez les Ch'tis : refus du spectaculaire, refus du croquignolet et surtout refus de toute forme de gentillesse ou de compassion.
On a dit de Pierre Desproges qu’il était foncièrement méchant et ce n’est pas totalement faux depuis qu’il avait démarré au journal l’Aurore, la signature Desproges reposait sur deux ou trois éléments distinctifs qu’il conserva aussi bien à Charlie Hebdo (rubrique : Tous les étrangers sont nuls, entre 1980 et 1981), que lors de ses réquisitoires du Tribunal des Flagrants délires :
l’absence de limites : Desproges riait de tout et, en bon bourgeois qu’il était, de ce qui avait façonné la Vème République : la seconde guerre mondiale, l’armée, les juifs, les étrangers, la démocratie et toutes ces choses un peu anciennes qui apparaissent aujourd’hui assez peu marrantes. Son humour post-giscardo-pompidolien laissait des traces dans l’arrière-France mais peut paraître avec le recul un rien suranné. Desproges n’est pas Collaro, mais c’était tout comme. Un type qui portait des pantalons en tergal et se fendait la poire avec Jacques Martin et Cécilia Attias, c’est d’un risible. Desproges n’avait pas de coco-girls et n’a jamais lâché le fiel pour les gros seins.
Une plume ravageuse : tous ses textes ne sont pas des chefs d’œuvre mais Desproges avait une bonne plume. On pourra lui reprocher son style ampoulé (n’oublions pas qu’il était nul à l’école et démarra en vendant des assurance-vie et des poutres en polystyrène) et ses cascades d’adjectifs mais Desproges savait y faire pour vous assassiner quelqu’un ou quelque chose par les mots. Son art du contrepied (je dis blanc pour dire sanglant) et son rejet de l’angle d’attaque (chez Desproges, on attaque à plat et en terrain découvert) lui donnaient un avantage décisif sur ses adversaires. Le sommet de son art littéraire est atteint en 1986 avec ses Chroniques de la haine ordinaire, collection de remarquables coups de gueule contre…les gens et leur médiocrité. Pour le reste, disons, que ses textes se tenaient souvent entre Stéphane Guillon et Guy Carlier.
Une absence d’expression : la signature de Desproges était son ton, toujours extrêmement sentencieux (son collègue Daniel Prévost en faisait une tonne en plus mais avec moins d’impact) et dépourvu d’expressivité. Les fois où on voyait Desproges rire étaient assez rares, soit qu’il n’en ait pas eu envie, soit qu’il ait été réellement habité par son sujet. La minute de Monsieur Cyclopède est à cet égard emblématique de son approche : frontale, cruelle et, ce qu’il faut bien appeler, cynique. Sa misanthropie lui était souvent reprochée mais il avait raison : comment aurait-il pu s’adresser autrement à des gens qui regardaient la télé ?
![]() Signé Furax (1981) |
Tous les films de Pierre Desproges
![]() Chroniques de la haine ordinaire |
![]() Dictionnaire superflu a l'usage de l'elite et des bien nantis |
![]() Fonds de tiroir |
| Personnalités Similaires | Coluche, Thierry Le Luron, Raymond Devos |
| Collaborations | Luis Rego, Daniel Prévost, Jacques Martin (animateur) |
A voir également :
![]() Coluche |
![]() Luis Rego |
![]() Thierry Le Luron |
![]() Daniel Prévost |
![]() Raymond Devos |
![]() Jacques Martin (animateur) |
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